Route des vacances 2, retour paradoxal
21 juillet 2026
Un mot s’impose pour décrire ce billet dans lequel je complète mes observations sur la performance et les caractéristiques du voyage en mode remorquage électrique que Michelle et moi venons de terminer : paradoxal.
En milieu d’après-midi, vendredi dernier, je reçois un appel du cabinet de mon dermatologue me convoquant à un rendez-vous pour lundi, en fin de matinée. Difficile de rejeter du revers de la main ce genre d’opportunité - j’ai presque envie d’écrire privilège - tellement est longue l’attente menant à une rencontre avec ce type de spécialiste. Cet imprévu incontournable nous oblige cependant à retrancher trois jours à l’itinéraire original.
Nous venions tout juste de stationner notre équipage dans le stationnement du restaurant Fisherman’s Wharf, avec l’intention de savourer un autre délicieux homard. Nous étions loin de nous douter qu’il serait le dernier de notre voyage. Fini donc les fruits de mer, la thématique de notre périple. L’asphalte et ses produits dérivés allaient devenir notre gastronomie pour les deux prochains jours.
Samedi matin, après avoir passé la nuit dans le stationnement de ce restaurant après avoir reçu la bénédiction de la propriétaire, nous reprenions la route vers notre domicile. Malheureusement, à l’Île-du-Prince-Édouard, la seule borne de recharge électrique vraiment rapide, une Tesla, se trouve à Charlottetown, ce qui ajoute 80 km au trajet le plus direct vers le bercail. Dorénavant, 1 150 nous séparent de notre domicile. Peu importe, il faut s’y faire !
Durant les deux jours du retour, j’ai eu l’impression que la météo manifestait son désaccord avec notre décision de quitter les Maritimes. Un vent contraire avec des rafales de plus de 40 km/h voulait nous inciter à rebrousser chemin. Samedi, nous avons couché à Fredericton, dans le stationnement d’un Walmart où chaque lampadaire portait une affichette disant « No Overnight Parking ». Heureusement, le gérant du magasin, avec qui je me suis entretenu, s’est montré beaucoup plus accueillant, allant même jusqu’à contredire l’affirmation des lampadaires. J’aime bien les gens qui ont de l’autorité et n’ont pas peur de l’affirmer !
Vous comprendrez que dimanche, ma priorité de la journée se résuma, malgré l’obstination du vent contraire, à franchir les quelque 780 km nous séparant de la porte de notre appartement. À 20 heures pile, notre périple prenait officiellement fin.
Ouais, mais, il est où le paradoxe ?
Il est tout simple et s’exprime ainsi : alors que nous venions de devancer notre retour, ce billet a, malgré cela, pris du retard. Allez comprendre ! (En fait, je trouvais surtout que cela donnait un petit côté accrocheur au titre de ce billet… ne m’en voulez pas.) Le branle-bas du retour ne m’a laissé aucun répit pour pondre ce texte, et hier, le doc a eu préséance sur tout. Voilà qui explique ce retard bien involontaire.
Ah oui, je reviens à mon intention annoncée au premier alinéa. Première observation, les Québécois, roulant électrique, sont vraiment choyés par l’abondance de bornes de recharge à haute vitesse. Vous m’en voyez fort heureux, jamais nous n’avons ressenti une quelconque inquiétude de tomber en panne. En comparaison, tant le Nouveau-Brunswick que l’Île-du-Prince-Édouard traînent la patte à cet égard. Bien que la première de ces deux provinces dispose de quelques bornes rapides, la seconde, exception faite de la borne Tesla de Charlottetown, dispose surtout de bornes dont la puissance se situe dans la fourchette 10 - 50 kWh. Il faut être chanceux pour en trouver une affichant 100 kWh et plus.
Dans mon billet précédent, j’avais écrit espérer une réduction de ma consommation au retour, surtout parce qu’en longeant le fleuve St John, les variations de dénivellations seraient plus douces qu’à l’aller.
Cela s’est avéré moins significatif qu’espéré, quelques dixièmes de kWh retranchés, ce qui a ramené la moyenne pour l’ensemble du voyage à 34,2. Je souligne aussi que la première partie du trajet, Saint-Hyacinthe — Paspébiac, avait profité de vents portants, alors que le retour se fit constamment sous vents contraires.
Il est également un autre facteur qui explique ce peu d’écart : le relief du terrain. Lorsque l’on roule en terrain où les côtes et les pentes sont fortes et longues, tout véhicule, électrique ou non, doit fournir un effort considérable pour maintenir sa vitesse de croisière dans les montées. Par contre, en descente prolongée, un VÉ retourne avec plus de facilité de l’énergie à sa batterie alors que les véhicules à énergie fossile ne retournent rien dans le réservoir de carburant.
Ce phénomène est beaucoup moins tranché lorsque le relief est simplement vallonné. Le dénivelé variant de façon moins prononcée qu’en montagne, mais aussi sur une distance beaucoup plus courte, les descentes laissent donc de moins de temps pour emmagasiner une quantité significative d’énergie avant que ne reviennent les montées et les faux plats, qui, eux, sollicitent immédiatement un apport d’énergie. Ainsi, l’ordinateur de bord a calculé que, durant tout le voyage, la récupération totale d’énergie retournée à la batterie fut de 117 kWh, ce qui représente environ 340 km effectués en mode remorquage.
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