Raison ou coup de dés ?
16 août 2026
L’industrie du véhicule récréatif traverse cette année une zone de turbulences sévères reliées à des conditions économiques, l’émergence de nouvelles valeurs et des décisions politiques discutables et sur lesquelles les fabricants de VR ont un pouvoir d’influence très limité. Bien sûr, d’autres causes, comme l’incertitude, l’instabilité et l’insécurité résultant des guerres en Ukraine ou en Iran, les politiques migratoires étasuniennes, les coûts prohibitifs du carburant et de certains matériaux de base, les difficultés d’approvisionnement en pièces et accessoires essentiels à la fabrication des véhicules récréatifs.
Ce sombre portrait affecte à la fois la demande et la production de VR, qui chute de mois en mois. La cour des constructeurs est pleine de véhicules parce que les revendeurs se montrent prudents et hésitants dans leurs commandes, préoccupés qu’ils soient par la difficulté de baisser leurs propres inventaires.
La situation actuelle a donc transformé le marché favorisant les vendeurs qui prévalait durant les trois ou quatre premières années de cette décennie, en un marché d’acheteur. Du point de vue du consommateur, il s’agit d’une bonne nouvelle bonne, pour peu que l’on souhaite faire un achat.
De 2021 au début 2024, les vendeurs — de VR, mais aussi d’automobiles neuves — se montraient intraitables sur le prix affiché — « Tu le prends tel quel et as ce prix, sinon, j’ai d’autres clients qui attendent pour prendre ta place ». Aujourd’hui, la négociation est devenue plus facile, car, les concessionnaires, en regardant le niveau de leurs invendus et la fin du mois qui approche, ont tendance se montrer plus conciliants.
Pourtant, les acheteurs doivent redoubler de prudence et prendre en considération plusieurs autres aspects que le prix. Ainsi, alors que plusieurs doivent recourir à un financement bancaire pour acquérir un véhicule récréatif, la question du taux d’intérêt, mais également la durée du financement pourrait réserver de très mauvaises surprises.
Certes, financer un VR sur 20 ans amène un paiement moindre à la fin de chaque mois. Cependant, il est très difficile de déterminer avec certitude ce que, dans trois ou cinq ans, sera la valeur résiduelle d’une acquisition. Plusieurs caravaniers, heureux de profiter de mensualités « raisonnables », ont constaté, quelques années plus tard, quand l’envie leur vint de changer de véhicule, que le montant offert pour la monture qu’ils possédaient était inférieur à celui qu’ils devaient encore à la banque.
Non seulement ils ne disposaient d’aucune équité pour une possession amortie sur une trop longue période, mais ils devaient contracter un emprunt d’un montant plus élevé que le prix de leur nouvelle acquisition. Par exemple, un emprunt de 230 000 $ pour un VR valant 205 000 $ auxquels s’ajoutait un solde de 25 000 $ encore impayé pour l’ancien. Ils se retrouvaient donc en situation de surendettement.
Évidemment, cela n’est pas le cas pour tous. Avant d’acheter un véhicule récréatif, un consommateur consciencieux doit faire ses devoirs. Bien sûr, analyser sa propre situation budgétaire (ses revenus et leur stabilité, ses obligations financières (hypothécaire, familiales…), mais aussi se renseigner sur la fiabilité du VR qu’il compte acquérir : étudier les rappels et leurs raisons qui y sont rattachés, fureter sur des forums ou mieux, rencontrer d’autres acheteurs de cette marque et modèle pour connaitre leurs impressions, leurs regrets, les difficultés et problèmes rencontrés…
Faire preuve de prudence avant un achat aussi majeur constitue un investissement de type préventif alors qu’un achat impulsif s’apparente bien plus à un risque, un coup de dés.
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