Une industrie en contraction

30 septembre 2026

Chaque fin de mois, les statistiques sur la santé de l’industrie étasunienne des véhicules récréatifs sont mises à jour. Cette semaine, à deux minimes exceptions près, les données du mois d’août n’offraient rien pour se réjouir. L’encre rose de l’optimisme avait complètement disparu pour céder la place à un tracé au fusain pour le moins pâlot. 

 

Les données publiées ne représentent pas les ventes finalisées par les concessionnaires de véhicules récréatifs, mais seulement les unités qui leur ont été expédiées par les fabricants. Celles-ci sont de deux sortes. La première compare la performance du mois d’août avec celle de son jumeau de l’an dernier. Suivent les données cumulées depuis janvier 2026 jusqu’à maintenant, comparées avec celle de la même période en 2025. 

 

Deux angles d’observation ressemblant à une photo pour le premier et à une vidéo pour le second. Le premier fournit un instantané statique de la situation du marché. Beaucoup plus révélateur, le second — portant sur une période plus longue qui tient compte du poids des saisons dans la production des unités — permet de déterminer si l’on est face à une tendance lourde ou à un simple soubresaut dans l’évolution du marché des véhicules récréatifs.

 

Jusqu’à maintenant, les données colligées depuis le début de l’année pointent davantage vers une vague de fond qui ne cesse de prendre de l’ampleur et la performance du mois d’août est bien loin de laisser pointer une accalmie. Un coup d’œil aux deux tableaux ci-dessous suffit pour s’en convaincre.

Une multitude de facteurs peuvent être invoqués pour justifier cette triste situation. Cependant, j’en retiens quatre dont l’importance me semble majeure. Tout d’abord, la population des États-Unis subit actuellement les effets négatifs des mauvaises décisions prises par le président du pays. 

1.  Guerre contre l’Iran, sans planification, déclenchée sur un coup de gueule ; dont la victoire devait suivre après quelques  jours, reposant sur des objectifs qui neuf mois plus tard, demeurent aussi nébuleux qu’au premier jour ;

2 Tarifs douaniers injustifiés, reliés aux sautes d’humeur d’un imprévisible président, créant une inflation et une instabilité générale de l’économie et dont les contribuables doivent absorber les contrecoups financiers dans leur quotidien ;

3. Taux d’intérêt élevés dont la hausse ne cesse de progresser ; 

4. Carburants fossiles qui battent des records historiques et qui, de ce fait, affectent tous les déplacements incluant ceux reliés au caravaning. Chacun sait combien les véhicules récrétatifs sont gourmands en pétrole. Faut-il rappeler que la moyenne nationale d’un gallon de carburant diesel à la pompe frôle les sept dollars. 

D’ailleurs, ces derniers jours, certaines stations-service de Californie ont affiché jusqu’à neuf dollars. Malheureusement, la courbe de croissance du prix du carburant grimpe de jour en jour, sans vouloir s’arrêter. 

Ainsi, à 6,50 $ le gallon, un Californien voyageant à bord d’un frugal VR Sprinter de classe B, débourse 0,22 USD pour chaque mile parcouru, ce qui, en dollars canadiens et en incluant le taux de change, les frais bancaires et de carte de crédit représente environ 31 cents le kilomètre. 

Cela signifie qu’un caravanier ayant parcouru 400 km dans une journée déboursera 124 $. À ce tarif, un aller-retour Montréal Miami (6 000 km) atteindrait 1 920 $ CAN. Pourtant, le VR de notre exemple ne consomme que 12 l/100 km. Imaginez ce qu’il en coûterait pour une autocaravane de 13 mètres, consommant 25 l/100 km.  

 

Chacun des constats qui précèdent génère des turbulences dans l’économie et la situation sociale des États-Unis. En découle une insécurité croissante dans la vie quotidienne des personnes qui y vivent. Alors que, confrontée à un danger, une tortue se rentre la tête dans sa carapace par sécurité, les humains courbent l’échine et réduisent les dépenses jugées non essentielles en attendant que la crise s’estompe.

 

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