Encore de la confusion

11 octobre 2026

Il est, dans un pays pas très loin, un président qui n’a de cesse de multiplier menaces et insultes à quiconque ose lui résister. Chacune de ses sorties tonitruantes, de ses proclamations et décrets semblent plus riche en confusion qu’en clarté. Faut-il y voir un dessein machiavélique de multiplier à l’extrême, plusieurs fois par semaine, des déclarations spectaculaires sur tout et sur rien, dans l’espoir d’embrouiller les esprits et de créer une diversion et faire oublier des questions épineuses et fondamentales ? Je laisse cette hypothèse à votre propre réflexion.

Récemment, le 8 septembre, un nouveau décret présidentiel est apparu dans l’actualité. Une mesure de plus ajoutée à la guerre commerciale et à l’escalade des tarifs douaniers. Désormais, en réaction à une pseudo-injustice de la part de nos dirigeants, il est devenu impossible d’importer aux États-Unis des boissons alcoolisées d’origine canadienne. Quoi de mieux pour rajouter une couche à la confusion et semer l’inquiétude chez les caravaniers qui envisagent de fuir la rigueur de nos hivers ?   

Or, si le décret présidentiel interdit l’importation des boissons alcoolisées aux États-Unis, en va-t-il de même pour l’exportation ? Tous les dictionnaires s’entendent de façon unanime sur la différence de ces deux concepts.
Essentiellement, l’importation consiste en une activité d’achat dans un pays étranger (Canada, France, Nicaragua, Chine…) de biens ou de services destinés à être vendus dans le territoire national (États-Unis). 
À l’inverse, l’exportation est considérée comme l’activité de vendre à l’étranger (Canada, France, Nicaragua, Chine…) des biens ou des services produits sur le territoire national (États-Unis).


Voici un exemple pour illustrer ces deux situations. Le Canada importe de la Chine beaucoup de produits électroniques, mais il exporte son blé et d’autres céréales en Chine. De cette logique, on peut conclure qu’un Canadien, qui emporte dans ses bagages de l’alcool ou de la bière fabriqués ici, ne fait pas de l’importation, puisque ces produits ne proviennent pas d’un pays étranger.


De plus, si ces produits alcoolisés voyagent avec lui pour satisfaire sa consommation personnelle, il devient difficile de parler d’exportation, puisque son objectif n’est pas d’en faire le commerce aux États-Unis, qui n’est pas son pays. 
Pour compliquer le tout, on peut aussi se poser la question sur le sort qui sera réservé aux vins français, australiens, chiliens et autres, emporté dans les soutes de nos véhicules récréatifs. Seront-ils confisqués à la frontière par des agents des services frontaliers dont les connaissances en matière d’œnologie se limitent aux seules notions, vin rouge — vin blanc ?

Je ne sais pas pour vous, mais de mon côté, je retiens deux choses. La première, l’imprécision du décret présidentiel est bien ce à quoi nous ont habitués les proclamations antérieures. Un énoncé très général conçu uniquement pour justifier un « clip » de quinze secondes aux nouvelles télévisées, sans aucune information sur la façon dont il sera appliqué. Bref, seulement inquiéter la population qui devra en subir les effets et faire suer les pauvres fonctionnaires hébétés qui se creuseront les méninges, dans l’espoir de le comprendre et de le matérialiser.

L’autre point que je déplore concerne la complaisance et la facilité avec laquelle les médias se sont satisfaits de simplement rapporter la nouvelle sans souligner son imprécision, mais surtout sans analyser ses impacts réels. 


Pour ma part, je vais continuer mes efforts pour savoir de quoi il en retourne vraiment. J’ai d’ailleurs contacté deux cabinets d’avocats pour obtenir leurs avis et conseils à cet égard. Encore un sujet sur lequel j’aurai à revenir dans les prochaines semaines.

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