Enfin de retour au clavie

12 septembre 2026

Ces deux dernières semaines, vous avez été nombreux à vous poser des questions sur mon silence sur ce blogue. Je vous rassure tout de suite, ma santé n’est pas en cause. Cependant, je ne peux en dire autant de mes outils informatiques. Virus, arnaque, simple bris d’équipement, ou un savant mélange de tous ces problèmes, je ne sais trop.

Par contre, je sais, pour sûr, que mon système a planté. Du jour au lendemain, je me suis retrouvé privé de mon ordinateur. Certes, j’ai pensé lui imposer une retraite et le remplacer par un plus récent, plus performant et au goût du jour, mais… 

La plupart de mes outils, codes et NIPs pour accéder à mes logiciels mes codes d’accès et mes archives étaient soudainement devenus inaccessibles. Le plancher avait comme disparu sous mes pieds. À vrai dire, j’avais l’impression d’être devenu un Alibaba impuissant privé de sa formule magique « Sésame ouvre-toi ». Aucune torture n’aurait pu faire parler l’ordinateur devenu muet et transférer ces précieuses données ou outils sur un nouvel appareil beaucoup plus onéreux.

Dans les premiers jours, je regardais mon cellulaire à tout moment, y lire un texto annonçant que mon appareil était revenu à la vie, mais rien ! Ce n’est qu’hier, que sa résurrection, une sorte de Pâques électronique, s’est produite. Aujourd’hui, mon environnement est redevenu fonctionnel. Pour me faire pardonner cette absence et ne pas augmenter inutilement votre anxiété — et, aussi bloquer l’inévitable processus d’oubli qui aurait pu germer dans votre esprit, — sitôt que j’aurai terminé ce billet, je le mettrai en ligne sans attendre demain, dimanche. Par la suite, je reprendrai la séquence d’un dimanche sur deux.

Les alinéas qui précèdent ne constituent pas mon billet. Considérons-les plutôt comme un préambule à celui-ci, rédigé pour vous présenter mes excuses pour cette involontaire interruption.

 

Souvent, je rencontre et discute avec divers intervenants faisant partie de l’environnement du VR. Des commerçants, certes, mais aussi des manufacturiers de produits ou d’accessoires utiles aux caravaniers. Chaque fois, je m’informe comment vont les affaires dans leur segment de travail et leur perception face à tout ce qui pointe à l’horizon.

Lors d’un échange récent avec un directeur régional des ventes d’une importante compagnie étatsunienne, celui-ci me fit part de son inquiétude en pointant le coin de l’emballage d’un accessoire où était affichée la mention « Made in America », insérée dans un dessin étoilé, aux couleurs du drapeau des États-Unis. 

Il me posa cette question : « Dans le contexte actuel de la guerre commerciale initiée par nos voisins, comment anticipes-tu la réaction des consommateurs canadiens et particulièrement celle des Québécois devant un signe affichant aussi explicitement une provenance du pays qui nous menace ? » Pris de court, je rétorquai qu’effectivement, cet affichage ne constituait plus un élément de marketing positif, surtout dans le contexte où nos gouvernements incitent avec insistance à privilégier l’achat de produits locaux. Cependant, il faut se comprendre que, même si elle reçoit un fort appui de la population, cette consigne ne peut s’appliquer de la même façon à tous les biens de consommation.

Alors que nos dirigeants ne cessent de nous rappeler combien les économies des deux pays sont liées de près et qu’ils doivent composer avec une très forte interdépendance, cela, malgré les affirmations contradictoires d’un président qui, dans ses habituelles et nombreuses crises d’esbroufe, s’obstine à clamer le contraire. 

À titre d’exemple, il s’écoulera beaucoup de temps avant que l’on trouve un produit de remplacement à l’omniprésence des camionnettes et autres gros VUS sur nos routes, aux oranges de la Floride et de la Californie si prisées au petit déjeuner… Nous sommes, et le serons encore longtemps longtemps, tributaires de plusieurs produits manufacturés ou cultivés au sud du 42e parallèle, et nous devrons piler sur notre orgueil pour les obtenir.

J’ai toujours considéré qu’à l’origine, l’inscription Made in USA poursuivait deux objectifs. Le premier misait sur la fierté et le sentiment de patriotisme des citoyens de ce pays en associant ce slogan à la qualité des produits. Mais, conformément à la logique capitaliste, le second, moins publicisé et plus important, utilisait le mythe que les produits fabriqués dans ce pays dépassaient tous ceux fabriqués à l’étranger, — un objectif qui, dans plusieurs segments de l’industrie du VR, peine encore à se concrétiser —. 

En corollaire, inculquer chez le consommateur l’impression de grande qualité affichée partout, permettait ainsi de déclasser les produits chinois de plus en plus présents sur les étagères des commerces. Certes ce qui venait de Chine était beaucoup moins cher, mais souvent, la qualité et la fiabilité n’était pas au rendez-vous.

Aujourd’hui, la guerre commerciale qui sévit, a transformé le slogan Made in USA en un énorme boulet au pied de l’industrie de ce pays. Partout dans le monde, de plus en plus de consommateurs se détournent des produits étasuniens et regardent ailleurs pour les remplacer. Pendant ce temps, ce qui vient de Chine gagne en qualité et l’invasion du commerce international par ce pays ne cesse d’accélérer.

Il est urgent qu’un président voisin lève les yeux pour voir plus loin que son propre nombril et aperçoive le mur dans lequel il fonce tête baissée.

 

 

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