Déjà la planification de l'hiver
22 juin 2026
Comme plusieurs, il n’est pas dans mes projets d’été de traverser la frontière sud du Canada. Malgré cela, je ne renoncerai pas pour autant à ma passion du caravaning. À preuve, cette semaine, Michelle et moi allons, une fois de plus, longer le fleuve vers de la Gaspésie, descendre vers le Nouveau-Brunswick et compléter le trajet par un homard ou deux à l’Île-du-Prince-Édouard, pour une durée estimée de trois semaines ou un peu plus.
Le reste de l’été sera un peu plus calme. Réunions familiales, courtes escapades au Québec, mais surtout, une réflexion sur la couleur que prendra de notre prochain hiver, blanc comme la neige ou jaune et confortable sous un soleil plus chaud. Comme vous l’avez compris, nous en sommes à entamer le même processus décisionnel que nous avions suivi l’automne dernier.
Deux éléments pèseront lourd et s’opposeront dans la prise d’une décision finale. D’un côté, la promesse d’un hiver en pantalon court et sandales aux États-Unis s’opposant au froid, à la neige, au verglas et à la gadoue de notre climat. De l’autre, une situation sociale, économique et politique, imprévisible comme l’est un certain dirigeant, le tout baignant dans la sauce des élections de mi-mandat. Difficile de prédire avec certitude de quel côté penchera la balance.
Contrairement à l’an dernier, le mardi 3 novembre prochain, risque fort de changer la donne politique chez nos voisins. Les deux chambres, actuellement contrôlées par les républicains, pourraient basculer du côté démocrate. Les élus défaits reconnaîtraient-ils leur défaite sans évoquer un vol ou autre théorie complotiste ?
L’intolérance et l’irritabilité de certains groupes d’électeurs pourraient-elles entraîner une multiplication de manifestations et de gestes violents dès les premiers jours suivant les élections de mi-mandat ? Advenant une victoire des démocrates, la possibilité d’une procédure de destitution de l’actuel président mettrait-elle le feu aux poudres ? Toutes ces hypothèses, il faut le reconnaître, sont, pour les voyageurs étrangers, une profonde source d’inquiétude qui ne cesse de croitre.
Même si la situation actuelle semble se complexifier d’un cran sur celle qui prévalait l’automne dernier, elle présente aussi beaucoup de similarité. Ainsi, durant notre séjour qui a duré près de cinq mois en Floride, j’ai été à même de constater le peu d’effet que la turbulence politique générait dans la vie quotidienne des citoyens.
« Business as usual », pour reprendre une expression populaire de ce pays. Hormis les médias qui, chaque jour, faisaient leurs choux gras des frasques politiques, le bon peuple se montrait davantage préoccupé par les coûts liés à la vie quotidienne. Jamais, durant notre séjour, ne nous sommes-nous sentis en insécurité ou incommodés d’une quelconque façon dans nos interactions avec les Étatsuniens ? Même la redoutée traversée de la frontière s’était faite sans soucis dignes de ce nom.
Ne voyez pas dans mes propos un éloge à l’insouciance, mais plutôt une incitation au calme, à ne pas succomber à la panique. Même si la probabilité que notre prochain hiver se passe à la chaleur est forte, je demeure très attentif à l’évolution de la situation. Cela, tout en étant conscient que la recherche du sensationnalisme de certains médias m’apparait aussi déconnectée du terrain que les déclarations politiques énoncées un jour et reniées le lendemain.
Puisque, comme caravanier, il vous faut commencer à planifier vos choix pour l’hiver qui vient, où en êtes-vous dans votre réflexion ?
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