Avouons-le, la Beauce est une région souvent négligée par les touristes en général. Toutefois, lorsque nous nous y attardons, nous y découvrons bien des trésors étonnants qui risquent de ravir bon nombre de caravaniers.

Quand on entend parler de la Beauce, c’est soit pour mettre en valeur son caractère entrepreneurial ou, au printemps, parce que la rivière Chaudière fait des siennes. Pourtant, ce territoire entre Québec et la frontière américaine possède des attraits qui valent le détour.

On reconnait avant tout la forte identité régionale des Beaucerons qui possèdent un surnom associé à leur histoire: les Jarrets noirs. Comme les gens du Saguenay–Lac-Saint-Jean se qualifient de Bleuets, ou ceux de Havre-Saint-Pierre, de Cayens, les Beaucerons s’attribuent des qualités distinctives ainsi que, très souvent, des opinions politiques qui les distinguent du reste du Québec. Ils partagent unanimement une fierté bien justifiée que l’on perçoit partout où l’on fait escale, de camping en camping, dans les musées et les parcs, sur les sentiers de randonnée et les pistes cyclables.

Sa rivière

La rivière Chaudière règne au coeur de la vie des Beaucerons à tous les points de vue. Avec un cours de 185 kilomètres, elle est l’une des plus longues rivières du Québec. De sa source dans le lac Mégantic, elle coule du sud au nord pour se jeter dans le Saint-Laurent. Elle y débouche devant Québec, juste après ses très impressionnantes chutes et son large canyon que l’on peut admirer près des ponts qui enjambent le fleuve.

Nous avons donc entrepris notre découverte de la région au fil de ce cours d’eau, longeant d’abord la rivière par la route Président-Kennedy, puis nous arrêtant à Sainte-Marie-de-Beauce pour mettre notre kayak à l’eau à partir du débarcadère du parc nautique Saputo. C’est là que nous avons découvert à quel point la rivière Chaudière s’assèche en été, coulant timidement à travers les pierres.

On ne trouve que deux endroits où mettre à l’eau en tout temps un kayak, un canot ou une planche à pagaie. Sainte-Marie est le premier. Le second est le magnifique parc riverain du Domaine de la Seigneurie qui possède un débarcadère et un stationnement dans le secteur de la passerelle de l’ile Pozer. Ce plan d’eau, maintenu à l’aide d’un barrage gonflable inusité, reste – et de loin – le plus beau et le plus agréable.

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À vélo

La Beauce se veut également une région de cyclotourisme fort plaisante, principalement grâce à la superbe Véloroute de la Chaudière qui s’étire sur 146 kilomètres, dont la piste cyclable de 40,5 kilomètres entre Saint-Lambert-de-Lauzon et Vallée-Jonction. Le tronçon entre Sainte-Marie et Notre-Dame-des-Pins nous a paru vraiment agréable et beaucoup plus facile que prévu, puisque nous nous trouvions tout de même au piémont des Appalaches.

À Notre-Dame-des-Pins, nous reprenons la piste au stationnement du parc des Rapides du Diable, vers Saint-Georges-de-Beauce. Nous sommes à quelques minutes du fameux pont Perreault et de son parc. La piste traverse ensuite la rivière pour conduire en milieu agricole, toujours aux abords de la rivière, jusqu’au parc des Sept-Chutes, une immense forêt urbaine dotée de huit kilomètres de sentiers escarpés jusqu’à la septième chute.

Sur ce parcours, nous croisons une passerelle qui mène en quelques coups de pédale jusqu’à l’ile Pozer et au centre-ville de Saint-Georgesde-Beauce. Une véritable révélation que ce parc éblouissant avec ses aménagements horticoles. Nous retenons, par exemple, le musée des Lilas. Un concept unique qui accorde une noblesse inédite aux arrangements végétaux, les promouvant au rang d’oeuvres d’art qui méritent de figurer dans une institution culturelle, même en plein air. Il faut ajouter que les aménagements floraux qui colorent ce décor, en plus de bosquets d’arbrisseaux et d’une multitude d’arbres magnifiques, composent une collection naturelle de très grand intérêt.

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De plus, tout le parcours est agrémenté de soixante sculptures monumentales réalisées par des artistes internationaux. Nous avouons avoir été très impressionnés par la qualité et la pertinence de ces oeuvres au pied desquelles se trouve toujours une plaque informative sur ces artistes de partout dans le monde et leur travail.

Ce musée se visite aisément à pied ou à vélo. Il est possible de stationner tout près, en plein centre-ville de Saint-Georges. La visite du Domaine de la Seigneurie se déroule donc d’émerveillement en surprise, au coeur de la capitale beauceronne.

Durant ce périple, nous avons séjourné chez deux membres du réseau Terego aux aménagements exceptionnels: La Miellerie de Sophie, à Notre-Dame-des-Pins, et L’Argouseraie des collines à Saint-Aimé. Dans les deux cas, nous avons été accueillis avec une grande générosité. On nous a non seulement fait connaitre les nombreux et délicieux produits préparés par ces artisans, mais aussi montré de près comment fonctionnent les ruches et où se cultive l’argousier au petit fruit orangé et suret. Chez l’un comme l’autre, nous avons campé dans un milieu naturel paisible et magnifique.

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