Aventure et mésaventure

26 avril 2026

Chaque voyage que nous entreprenons réserve des surprises, certaines agréables, d’autres moins. Le 5 avril dernier, jour de Pâques, Michelle et moi quittions la banlieue de Jacksonville, FL, pour entreprendre notre remontée vers le Québec, sans nous douter de ce qui nous attendais.

La veille du départ, comme je le fais toujours, j’avais vérifié la pression de tous les pneus, tant de la voiture que de la caravane. Depuis quelques jours déjà, une notification au tableau de bord m’enjoignait de vérifier l’état du pneu arrière  gauche de l’auto car, usé par la route, l’ordinateur de bord considérait qu’il approchait de sa fin de vie utile.

Il est vrai que l’odomètre affichait 50 000 km, ce qui, pour une voiture électrique n’était déjà pas si mal. La puissance exceptionnelle du couple produit par les moteurs électriques s’avère plutôt pénible pour les pneumatiques qui s’agrippent à l’asphalte. Conséquemment, je prêtais une attention préventive particulière aux témoins d’usure répartis à intervalles fixes dans les rainures de la semelle des pneus. Rassuré par cette inspection, j’étais confiant de pouvoir attendre mon retour à la maison pour la pose de bottines neuves au VUS.

Tout juste avant de prendre la route, je sors le compresseur fourni par le fabricant de la voiture pour un ultime ajustement de la pression d’air des pneus. De nos jours, de plus en plus de véhicules sont livrés sans pneus de rechange, histoire d’alléger leur poids total - et de réduire les coûts de fabrication -. Dans mon cas, j’en suis à mon troisième véhicule présentant cette caractéristique. L’opération terminée nous partons !

Quelques centaines de kilomètres plus tard, nous faisons un premier arrêt pour recharger la batterie. Une nouvelle vérification me confirme que le pneu arrière affiche une baisse de pression. Profitant que l’auto refait se forces, je sors le compresseur pour remonter le moral du pneu en question.

Un nouvel arrêt en fin de matinée confirme l’essoufflement de plus en plus grand du pneu. Je quitte donc la I-95 pour arrêter à la première station service, m’informer si un atelier mécanique  pouvant réparer un pneu se trouve à proximité. Nous sommes le jour de Pâques me souligne le préposé et presque tout est fermé, sauf le Walmart situé à moins de deux kilomètres.

Nous nous y rendons. Un employé édenté à l’exception de trois ou quatre dents pourries peine à comprendre ma situation. Son accent associé à une prononciation influencée par des patates chaudes dans la bouche fait une sorte que les mots qui en sorte ont la précision d’une d’une purée des plus épaisses. Même en tentant d’utiliser la lecture sur les lèvres délivrant la purée, je peine à décoder son charabia. Après plusieurs efforts, je comprend qu’il me dit que son magasin vend et installe des pneus, mais les les répare pas. De toute façon, il ne dispose pas du pneu qui conviendrait à mon véhicule. 

Comme la laitière de Jean de la Fontaine, je retrouve donc Gros-Jean comme devant. Pis encore, ce Walmart interdit le stationnement de nuit. En désespoir de cause, je contacte le service d’urgence de BMW pour obtenir de l’aide. L’employé qui me répond me dit que je peux  profiter d’un service gratuit de remorquage (100 km, maximum), qu’il va s’occuper de tout, incluant un rendez vous d’urgence chez le concessionnaire BMW de Charleston, SC. Enfin, un peu de réconfort !

Je mentionne à l’employé que  je remorque une caravane qui, elle aussi, devra être remorquée. Il me souligne que je devrai assumer les frais du remorquage de l’Alto, ce qui à quoi je consens. Mais voilà, l’employé au bout du fil, qui n’a probablement aucune expérience du caravaning, est persuadé qu’il me faudra deux remorqueuses pour solutionner mon problème. Cette condition, un dimanche de Pâques, restreint considérablement la possibilité de trouver deux remorqueuses disponibles au même moment.

Une quinzaine de minutes plus tard, l’employé me rappelle. J’aurai un rendez-vous dès 7h00 le lendemain chez BME, une excellente nouvelle pour un lundi de Pâques, jour de congé national.

En ce qui a trait au remorquage, il continue de chercher une ressource et me tiendra informé dès qu’il aura des nouvelles. Michelle et moi n’avons pas encore dîné et ne pouvons plus nous déplacer. Ne sachant pas dans combien de temps arrivera le remorqueur, nous ne voulons pas nous engager à préparer un repas afin d’être prêts le moment venu. 

Il nous aura fallu attendre dix longues heures, jusqu’à 22h30 avant qu’une remorqueuse (pas deux) se pointe à l’horizon. Heureusement, l’homme d’expérience qui l’opérait compris facilement qu’il lui était possible de monter le VUS sur sa plateforme et d’attacher la caravane derrière son camion, nous évitant ainsi de débourser pour un deuxième remorquage. Vers minuit, il nous déposait dans la cour du concessionnaire.

Le lendemain matin, j’appris que le pneu avait rendu l’âme durant la nuit et qu’il devait être remplacé. On me suggérait de remplacer les quatre pneumatiques en fin de carrière, par des Goodyear similaires à ceux installés à la sortie de l’usine contre une facture d’un peu plus de 2 000 USD. Je déclinai cette proposition et leur dit de ne remplacer que le pneu fautif, ce qui ramena la facture à 552 USD. Aux États-Unis le prix des pneus est vraiment beaucoup plus élevé qu’au Québec.

Une dizaine de jours auparavant, j’avais profité du rabais important accordé aux membres de la FQCC pour commander quatre pneus Michelin, Primacy Tour Accoustic et pris rendez-vous pour le 15 avril dans un atelier Pneus Bernard, près de chez moi. Au final, ma facture québécoise totalisa un peu moins de 1 500 $ canadiens incluant le rabais supplémentaire offert par Michelin pour quatre pneus.

Le seul problème qui reste est que je me retrouve avec un pneu Goodyear payé trop cher, qui n’a servi qu’à me ramener au Québec, dont je ne sais quoi faire.

Même si on ne peut la classer dans la colonne des souvenirs agréables, cette mésaventure restera à notre esprit comme mémorable et, le temps faisant son oeuvre, son évocation s’accompagnera sans doute d’un léger sourire.

Commentaires

Claude

Bjr M. Laquerre ! Pour le prix des pneus aux USA, vous étiez chez le concessionnaire BMW et ils ont vite flairé la bonne « affaire » avec vous. Comme on dit, ils vous tenait par le parties sensibles étant donné votre situation sans autre solution. Ils ont donc pesé fort sur le crayon et le prix demandé était le le prix suggéré par le fabricant, soit la totale ! Vous auriez probablement obtenu un bien meilleur prix dans un centre de pneus indépendant comme vous l’avez obtenu ici au Québec. Sur la route, vous n’avez pas eu de témoin d’avertissement d’anomalie du système de traction étant donné la différence de diamètre entre le pneu neuf et les pneus usagés et usés ?

Louis

Un pneu qui perd de l’air est souvent signe d’un clou ou vis sur le pneu. J’ai toujours avec moi un kit de réparation de pneu (Canadian tire, outils et mèches) afin de pouvoir me réparer au cas de la non disponibilité de garage proche. J’ai fait Terre-Neuve en passant par le Labrador l’été dernier et les garages étaient assez rares.

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