À quand les robots ?
24 mai 2026
Je reviens souvent sur l’importance du nombre de rappels qui touchent de plus en plus de véhicules récréatifs sortant actuellement des usines nord-américaines. Cette semaine, j’ai consulté de nombreux rapports, certains vulgarisés par des médias spécialisés de l’industrie du VR, mais également d’autres, plus officiels, émis par la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration), une agence relevant directement du U.S. Department of Transportation, l’équivalent du ministère des Transports canadiens, aussi nommé Transports Canada. Rien de tel qu’aller directement à la source, pour trouver une information fiable, sans distorsion.
Ainsi, j’ai constaté qu’en 2025, 15 fabricants de véhicules récréatifs avaient émis 87 rappels concernant leurs produits. Certains de ces rappels avaient été initiés volontairement par le fabricant, alors que d’autres leur avaient été imposés par l’agence gouvernementale. Au total, 99 848 VR ont dû revenir à l’atelier du concessionnaire ou de la compagnie pour inspection et une éventuelle correction requise. À elle seule, Forest River, qui englobe plusieurs marques et modèles, a émis 26 rappels touchant 20 800 VR. À l’opposé, deux rappels ont suffi à Grand Design impliquer 30 958 VR.
Bien sûr, tous les rappels ne sont pas toujours dramatiques, la gamme d’importance est vaste, très vaste même. Cela peut aller d’une simple erreur dans l’écriture d’un mot ou d’un nombre ne reflétant pas la réalité inscrit sur une étiquette informative, fixée au châssis ou collée dans l’épaisseur d’une portière. À l’opposé du spectre, il peut s’agir de boulons d’amortisseurs inadéquats pouvant se dévisser pendant les déplacements avec comme conséquences limites une perte de contrôle et un accident mortel. À l’extrême, on trouve même des rappels concernant des châssis ou des éléments structurels dont la résistance aux chocs est trop faible pour la masse qu’ils doivent supporter, ce qui présente un risque de rupture aux conséquences dramatiques pour le conducteur et ses passagers.
Comment expliquer justifier une telle situation dans un contexte où les connaissances en ingénierie et en résistance des matériaux sont très sophistiquées ; que les accessoires et matériaux utilisés par l’ensemble des constructeurs de VR sont souvent identiques ?
L’explication qui semble la plus simple et probable pointe directement vers la production — son rythme et sa technique — et la main-d’œuvre.
Bien sûr, il y a également l’obsession de maximiser les profits pour plaire aux investisseurs qui incite privilégier des pièces de moindre qualité pour économiser quelques cents sur chacune, d’utiliser des panneaux et des montants moins épais pour justifier la mention « Lighter and Easier to Tow Than Ever » si recherchée par les consommateurs.
Mais la cause majeure nous ramène inévitablement sur la façon de produire et l’expertise déficiente de la main-d’œuvre. Depuis l’origine de cette industrie centenaire, les véhicules récréatifs ont toujours été construits avec des techniques artisanales. Or, celles-ci ne peuvent compter que sur l’habileté, l’expertise et l’expérience des ouvriers pour qu’en résulte un produit de grande qualité. Or, c’est précisément là où le bât blesse. Un constat qui fait souhaiter la venue de robots dans les usines de VR. Ces derniers ne ressentent pas la fatigue, n’ont pas besoin d’une pause pour avaler un café, griller une cigarette ou aller faire pipi.
Contrairement à l’humain, le robot n’est pas affecté par une distraction, n’est pas victime de ses sentiments ni doté d’une humeur maussade. En travaillant, il n’est nullement préoccupé par le coût de l’épicerie, le remboursement problématique d’un prêt hypothécaire ou le paiement minimum d’une carte de crédit gonflée à bloc.
Ne connaissant aucune de ces velléités et libre de tout souci extérieur à sa tâche, le robot reste constamment concentré sur ce pour quoi on l’a programmé. À la même cadence et au millimètre près, il répète, sans rouspéter ni regarder ailleurs, la seule tâche pour laquelle on l’a créé, ramenant à presque néant le risque d’erreurs d’exécution.
Serait-ce la voie qui permettra à l’industrie de survivre et de retrouver son pouvoir attractif ? Je commence sérieusement à penser que oui !
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