La via ferrata a fait son entrée au Québec il y a une vingtaine d’années. Aujourd’hui, c’est un incontournable aux quatre coins du Québec pour qui aime conjuguer le dépassement à la contemplation du milieu naturel.
Évoluer à la verticale et à l’horizontale sur une paroi rocheuse en empruntant les marches fixées à la pierre, des poutres, des passerelles suspendues et autres obstacles: c’est tout l’art de la via ferrata, une activité qui fusionne la randonnée et l’escalade de roche. Cette « voie ferrée » nouveau genre est née en Europe, notamment pour des raisons stratégiques afin de transporter soldats et armement durant la Première Guerre mondiale. Quand la paix est revenue, ces parcours en montagne ont trouvé une belle reconversion dans le plein air.
Une tendance à la hausse
L’expérience peut sembler impressionnante au début, mais grâce à la ligne de vie à laquelle on est assuré en permanence par un mousqueton – que l’on passe son temps à attacher et à détacher pour progresser –, l’activité est sans risque pour qui respecte les procédures. Sans risque, mais vertigineuse, notamment le long de la Grande Virée, dans le parc national du Mont-Tremblant, un parcours accroché sur les flancs abrupts de la Vache Noire, à quelque 200 mètres d’altitude. Depuis sa création – et son indéniable succès –, la Sépaq a développé plusieurs circuits du genre dans plusieurs parcs nationaux du Québec.
Des défis et des frissons
Si l’on demeure bien souvent le nez collé à la paroi durant les premiers pas, peu à peu, on gagne en confiance. On finit assez vite par se retourner pour embrasser du regard l’incroyable paysage qui se révèle de toutes parts: la sinueuse rivière du Diable qui se fraie un chemin en contrebas, alors qu’une mer de montagnes se déploie à l’horizon. Sachez cependant que le parcours de via ferrata est accessible aux débutants.
Grâce aux conseils distillés par le guide, on relève un à un les défis qui se présentent afin de compléter le parcours, plus de quatre heures plus tard. Comme cette passerelle suspendue de 27 mètres de haut, que l’on franchit sur un câble en tenant de part et d’autre deux autres câbles qui bordent la passerelle, le vide plongeant sous les pieds. Pour terminer le parcours, il faut redoubler d’efforts, car il grimpe solidement pour atteindre le sommet où l’on reprend son souffle en se gorgeant d’air pur et de paysages saisissants. À la fin, on se félicite d’avoir vaincu ses appréhensions tant on se sent pousser des ailes sous l’effet de l’adrénaline.
Côté pratique: si on hésite à faire le parcours de la Grande Virée, assez exigeant, on peut s’initier en douceur avec un parcours familial plus court et moins vertigineux. Pour se rendre au début du parcours de via ferrata, et pour revenir à son point de départ, une marche d’approche sur sentier est nécessaire. L’activité se fait en groupe de huit personnes, mais des groupes privés de quinze sont acceptés sur réservation. Pour info: sepaq.com/pq/mot
Ailleurs dans les parc nationaux
La via ferrata a fait son entrée dans quatre sites gérés par la Sépaq dans trois parcs nationaux, dont celui du Mont-Tremblant.
Parc national des Grands-Jardins (Charlevoix): dans un milieu époustouflant, trois circuits sont proposés, dont La Montée, une ascension de 83 mètres le long de 650 mètres, comprenant poutres et pont népalais. Au sommet, le regard porte loin vers le massif laurentien. La Traversée, elle, s’adresse davantage aux débutants, avec un circuit de 350 mètres de longueur et 53 mètres de dénivelé. Une vue spectaculaire donne, au sommet, sur la vallée du Gros-Bras et le fleuve. Une version nocturne, à la lampe frontale, est également offerte: la Traversée clair de lune. sepaq.com/pq/grj
Parc national du Fjord-du-Saguenay (Saguenay–Lac-Saint-Jean): l’Odyssée s’adresse à un public engagé, car ce parcours de 850 mètres de dénivelé se complète en six heures. Plus modérée, la Grande Dalle est de niveau intermédiaire, mais donne à voir un panorama grandiose sur Baie-Éternité et comprend un pont suspendu de 85 mètres de haut. Pont que l’on emprunte aussi sur le parcours de la Passerelle, accessible aux 12 ans et plus. sepaq.com/pq/sag
L’étape agrotouristique locale: Farouche Tremblant
Ce site d’hébergement rustique offre des séjours en refuge, mais aussi des activités de plein air, été comme hiver. Il comprend également la Ferme nordique, spécialisée dans la permaculture et l’agriculture biologique de légumes ancestraux cultivés de manière traditionnelle. Celle-ci propose aussi la Buvette de ferme avec une programmation d’activités liées aux récoltes. Des repas y sont servis dans une ambiance chaleureuse: brunch, apéro en raquettes, tapas, bar à vins, piquenique à la ferme, etc. farouche.ca
À consulter: La route des fia ferrata du Québec
Cette plateforme recense les 13 parcours accessibles au Québec et dispense toute l’information nécessaire pour programmer l’activité. De Lanaudière à la Mauricie en passant par la Gaspésie, chacun de ces circuits constitue un avant-poste de choix pour admirer certains des plus beaux paysages de nos régions touristiques. Quelques-uns sont très renommés, comme celui du parc Aventures Cap-Jaseux, au Saguenay, ou de la Vallée Bras-du-Nord, à Saint-Raymond-de-Portneuf. viaferrataquebec.com
Le camping
Le parc national du Mont-Tremblant est un haut lieu du camping dans les Laurentides. On n’y trouve pas moins de 200 emplacements dans le camping La Ménagerie (secteur de la Diable), avec et sans services, accessibles aux tentes et aux véhicules récréatifs. Le camping Lac-Escalier comporte, quant à lui, 74 emplacements parfaits pour les familles. Enfin, ce secteur compte aussi le camping La Bacagnole (48 emplacements), La Gamelle (6 emplacements rustiques), Le Cyclo (7 emplacements rustiques) et La Savane Ouest (12 emplacements rustiques pour tentes et VR). Les secteurs Pimbina–Saint-Donat, L’Assomption et Lac-Caché offrent aussi d’autres sites de camping. En outre, le parc propose des chalets EXP, des Chalets Compact (secteur Pimbina–Saint-Donat), des tentes de prêt-à-camper Étoile et de prêt-à-camper traditionnel.