Que faire lorsque le VR est remisé, mais que l’on a toujours envie de camper? On teste des hébergements insolites, voyons! Dans les Laurentides, à Mont-Blanc, tout près de Mont-Tremblant, les Refuges Perchés proposent une expérience de glamping au coeur du parc Éco-Laurentides, dans de petits chalets rustiques, sans électricité ni wifi, mais avec des vues magnifiques sur le lac ou la forêt.

Présentés comme un écocentre de villégiature quatre saisons, les Refuges Perchés accueillent les amateurs de plein air à la recherche d’une expérience unique d’immersion en nature depuis 2014. Intrigués par le concept depuis longtemps, mon adolescent de 16 ans et moi y sommes allés la dernière fin de semaine de mai, accompagnés de nos deux petits épagneuls
Cavalier King-Charles.

Quelques jours avant le départ, comme il était indiqué dans le courriel d’information reçu après avoir fait la réservation du séjour, j’ai payé en ligne les droits d’accès au parc Éco-Laurentides, un territoire naturel de 1 770 hectares (31,05 $ pour 3 jours; gratuit pour les enfants de 0 à 17 ans). Si mon fils et moi avions eu envie de nous amuser dans l’eau au cours de la fin de semaine, j’aurais pu réserver au même moment la location d’un pédalo, d’un kayak, d’une planche à pagaie ou d’une chaloupe.

En route!

La berline remplie à ras bord, nous avons pris la route sous la pluie le vendredi midi, depuis la rive sud de Montréal… et les essuie-glaces ont fonctionné jusqu’à destination. Le temps maussade et très froid allait se poursuivre jusqu’au dimanche. Heureusement, nous avions prévu le coup et pensé à apporter imperméables à capuchon, bottes hydrofuges et serviettes pour essuyer les pattes des toutous.

À l’entrée du parc, nous faisons un saut au bloc d’accueil, une étape obligatoire avant d’arriver au stationnement des Refuges Perchés. Sur place, après avoir vérifié que nous avions bien payé les droits d’accès, l’employée nous remet un reçu imprimé sur du papier jaune fluo à apposer sur le tableau de bord de la voiture pendant toute la durée du séjour. Je reprends le volant et après quelques minutes de route, je stationne enfin la voiture. Interdiction d’aller plus loin, l’écocentre est un domaine calme réservé exclusivement aux piétons. Aucun véhicule ni embarcation nautique à moteur n’y est autorisé. Du « village de 20 chalets », nous n’apercevons pour l’instant que le pavillon de réception, le bloc sanitaire central et des panneaux indiquant le départ des sentiers. Les refuges comme tels sont disséminés plus loin dans la forêt.

Bienvenue aux Refuges perchés

À l’accueil, on nous remet l’équipement nécessaire pour adoucir la rusticité du séjour: un bloc d’alimentation que nous avions réservé afin d’avoir de l’éclairage, de même qu’une bonbonne de propane, des accessoires pour utiliser un canot (qui restera amarré tout le weekend, le mercure n’ayant jamais dépassé 10 °C) et la clé de notre refuge, le numéro 4, sur la rive est du lac Cordon. On nous indique où aller chercher le bois de chauffage pour alimenter le poêle à combustion lente, ainsi que l’emplacement des deux charriots qui serviront à transporter notre matériel jusqu’au petit chalet.

C’est à ce moment que nous sommes bien contents d’être en forme, notre refuge étant situé à une vingtaine de minutes de marche du stationnement. Sans bagage, parcourir cette distance sur le sentier comptant plusieurs petites côtes aurait été pour nous un jeu d’enfant. Avec tout l’attirail requis pour un séjour en plein air de trois jours, l’exercice était toujours faisable, mais plus ardu. Il faut savoir que les visiteurs doivent apporter leurs sacs de couchage et leurs oreillers, leur nourriture (l’épicerie la plus proche est située à environ 25 minutes de route), leurs vêtements, leurs articles de toilette, des lampes de poche et autres essentiels. Après une brève négociation, mon garçon et moi décidons qu’il trainera le charriot le plus lourd, et moi, celui un peu plus léger, tout en faisant marcher les chiens en laisse. Bien excités par l’abondance de verdure et les  odeurs de la forêt, ces derniers ont choisi de zigzaguer, ajoutant un degré de difficulté à l’opération transport.

Le chariot dans lesquel on transporte son matériel… et ses toutous lorsqu’ils sont fatigués de marcher! - Magazine Camper Le chariot dans lesquel on transporte son matériel… et ses toutous lorsqu’ils sont fatigués de marcher!

Nous tirons nos charriots devant les refuges 10, 9, 5, 7 et 8, deux abris de bois cachant des toilettes sèches et autant de barils où déverser les eaux grises. Finalement, nous apercevons une pancarte de bois indiquant le numéro 4, au bas d’une pente d’une cinquantaine de mètres. Nous y sommes presque! « Voyagez léger », conseille-t-on avec insistance aux visiteurs sur le site web des Refuges Perchés. Sages paroles! Personne ne veut avoir à refaire le trajet pour aller chercher d’autres articles dans le véhicule.

L'installation

Situé en hauteur sur le bord du lac, notre refuge a l’allure d’une grande cabane pour enfants, parfaitement intégrée dans son environnement. Absolument magnifique. Nous montons nos articles dans le chalet en plusieurs voyages et laissons les cavaliers apprivoiser leur nouvelle demeure. Puis, un mandat s’impose : chasser au plus vite l’humidité et le froid qui se sont imprégnés dans le refuge. Maman est frileuse et on gèle! Avant le départ, nous avions regardé la courte vidéo YouTube envoyée par l’établissement afin d’apprendre comment réussir son feu dans un poêle à combustion lente et maintenir la chaleur pendant plusieurs heures. En cas de doute, des instructions détaillées sont affichées derrière le poêle, mais (évidemment) pas question pour l’adolescent d’en lire la moindre ligne… Par chance, il a bien compris, car lentement mais surement, l’habitacle compact se réchauffe.

Chacun des 20 refuges du village est unique, mais tous sont fabriqués à la main à partir de matériaux locaux. Le nôtre compte une seule pièce dans laquelle se trouve un espace cuisine comprenant un réchaud à deux feux, un évier sans robinetterie (il faut aller chercher l’eau du lac pour faire la vaisselle), un bidon contenant 10 L d’eau potable et tous les ustensiles nécessaires pour cuisiner, vaisselle et couverts inclus. Une table, des chaises pliantes et une glacière de 60 L s’ajoutent à cela, en plus de deux lits doubles superposés et de deux petits matelas installés de long des fenêtres. Six personnes peuvent donc y coucher, mais je dirais qu’à plus de quatre, on risque de se sentir à l’étroit. Pas de toilette? Non. Il faut utiliser les toilettes sèches situées près des cabanes ou encore les salles de bain complètes, à l’accueil.

Chacun des refuges est unique - Magazine Camper Chacun des refuges est unique

À la découverte du site et des environs

Les deux nuits très fraiches lors de notre passage nous obligent à remettre une buche dans le poêle aux aurores pour réchauffer notre nid, à l’heure où, en vacances comme à la maison, les chiens demandent à sortir pour faire leurs besoins. La chaleur se diffuse très rapidement, si bien qu’en quelques minutes, nous nous sentons bien à nouveau et nous pouvons prolonger le repos de quelques heures.

Après le déjeuner, nous profitons de la matinée pour explorer l’un des sentiers, le Panoramique, superbe en cette fin de printemps, malgré la pluie incessante. La forêt est splendide avec toutes ses déclinaisons de vert. De la mousse recouvre les troncs d’arbres et les fougères commencent à croitre. On se croirait dans un conte de fées, d’autant plus que les insectes piqueurs, pourtant réputés voraces dans la région à certaines périodes de l’année, se font très discrets.

En après-midi, comme le mauvais temps persiste, nous choisissons de prendre la route et d’aller faire des courses à Saint-Jovite. Nous achetons des prêts-à-manger au supermarché, que nous mangeons au sous-sol du pavillon d’accueil, dans une pièce toute simple dotée d’une grande table et d’un four microonde. Puis, c’est reparti pour une autre marche dans le sentier pour retourner au refuge!

Nous passons la soirée calmement, à lire, à promener les chiens à l’aide des lampes de poche et à jouer à des jeux vidéos qui ne requièrent pas le wifi (on choisit ses batailles). L’ado est tellement fier de maitriser l’utilisation du réchaud qu’il me propose des tasses de thé ou de tisane toutes les 30 minutes!

Le soleil ose se montrer la journée de notre départ. Si le temps l’avait permis, nous aurions pu explorer une autre section des 36 kilomètres de sentiers, nous baigner (les quatre quais près des cabanes dans les arbres sont réservés aux invités) ou  encore pêcher (en apportant son permis et son équipement). Si nous avions choisi de nous y rendre l’hiver, nous aurions pu faire du ski de fond, de la raquette et de la marche sur une promenade d’un kilomètre érigée au-dessus du lac. En saison froide, nous apprend-on au moment du départ, les visiteurs transportent leurs bagages en toboggan plutôt qu’en charriot. Nous avons bien l’intention de tenter l’expérience.

Il est possible de louer un canot pendant la durée du séjour. - Magazine Camper Il est possible de louer un canot pendant la durée du séjour.

Sur le même sujet

10 plus beaux endroits où planter sa tente au Québec - Magazine Camper

10 plus beaux endroits où planter sa tente au Québec

Vol 31, no. 2, Juin 2025

Lire l’article
Camping du Parc - Magazine Camper

Camping du Parc

Vol 31, no. 1, Mars-avril 2025

Lire l’article
Des établissements coups de coeur en Minganie - Magazine Camper

Des établissements coups de coeur en Minganie

Vol 31, no. 1, Mars-avril 2025

Lire l’article