Si les étapes et le temps requis pour s’installer sur l’emplacement de camping varient en fonction du type de voyage, ils varient aussi en fonction du type de véhicule récréatif utilisé et du plaisir que l’on éprouve (ou non!) à fignoler l’installation. Visons le juste milieu. Il y a une ligne commune à la plupart des situations. Explorons les étapes essentielles, et parfois moins essentielles, qui suivent l’arrivée à l’emplacement choisi pour y passer la nuit.

Qui dit arrivée dit forcément un déplacement vers la destination envisagée. L’arrivée se prépare donc avant d’être… arrivé. Par exemple, il est toujours bon de vérifier les heures d’arrivée. Se présenter au camping trop tard peut, au pire, signifier d’être bloqué à l’extérieur d’une barrière, sans avoir la possibilité d’entrer sur le site. Ne me demandez pas comment je le sais! Trop tôt, l’emplacement convoité peut ne pas être libre, et l’espace pour stationner sur le camping être limité, voire inexistant. 

Se rendre à bon port

Estimer le temps requis pour couvrir la distance devient donc une nécessité. Vérifier la façon de s’y rendre n’est pas une mauvaise idée non plus. Si Google Maps, Waze et Plan sont des applications très pratiques pour connaitre les routes à prendre, il arrive à l’occasion qu’elles fassent erreur. En effet, les avertissements quant au fait que le GPS ne mène pas au bon endroit ne sont pas rares. Une bonne vieille carte et les directions suggérées par l’administration du camping restent une bonne solution et un bon plan B. 

Il faut également s’informer des restrictions quant à la hauteur du véhicule. L’état des routes est aussi à considérer. Doit-on emprunter un chemin de gravier en mauvais état? S’engager sur des pentes de 18% de dénivelé? Enfin, que votre véhicule soit électrique ou qu’il roule au diésel ou à l’essence, il est bon de prévoir un endroit où faire le plein, selon l’autonomie du véhicule et la distance à parcourir. 

Autre chose: il est préférable de s’informer des règlements avant l’arrivée. Bien qu’il y ait une certaine homogénéité entre les endroits, il arrive que des règles particulières surprennent. Par exemple, les chiens peuvent être admis ou non, ou seulement dans certaines sections, tout comme l’autorisation de faire fonctionner la génératrice. Ailleurs, le véhicule récréatif doit avoir moins de 10 ans et les campeurs doivent être âgés de plus de 55 ans! Les personnes célibataires sont parfois interdites (notamment dans des camps naturalistes) et il arrive qu’il n’y ait pas de station de vidange ni même d’eau potable et que les toilettes soient sèches. Sans compter les avertissements de dernière minute, comme le fait qu’une section est momentanément fermée en raison d’un glissement de terrain, d’un feu de forêt ou d’un bris de canalisation. 

Une fois à destination, ou même avant, il est toujours intéressant de prendre connaissance du plan du site. Ainsi, non seulement on évite de faire le tour de l’endroit à plusieurs reprises à la recherche de son emplacement réservé et de maugréer contre les sens uniques, les limites de vitesse et les dos d’âne, mais ça permet aussi de localiser le bloc sanitaire le plus près, une prise d’eau potable et le sentier menant à la plage ou à la montagne, par exemple. Dans le cas où l’on n’aurait pas fait de réservation, ça permet de choisir l’emplacement disponible le plus sympathique. 

S’installer sur son emplacement

Voilà. On y est. On commence, souvent avec l’aide d’un compagnon ou d’une compagne de voyage qui descend pour diriger les manœuvres, par faire reculer le véhicule. Je dis bien reculer, afin que tous les auvents des VR soient dans le même sens, ce qui assure une certaine intimité aux campeurs. C’est aussi un règlement très commun. De plus, les prises d’eau et d’électricité sont probablement du côté du volant, ce qui facilite les branchements. En reculant, il faut faire attention à la largeur de l’entrée pour ne pas accrocher le poteau indiquant le numéro du site (oui, ça arrive!), à la hauteur libre en raison de la présence de branches, et aux obstacles au sol, comme de grosses pierres ou le foyer extérieur. 

En s'installant, il faut faire attention de ne pas s'accrocher au poteau! - Magazine Camper En s'installant, il faut faire attention de ne pas s'accrocher au poteau!

Le véhicule est maintenant immobilisé à son emplacement. Mais est-il de niveau? Si une pente indue peut être un irritant lorsqu’on est couché, elle devient carrément un problème lorsque l’eau de la douche et de l’évier s’écoule mal. D’ailleurs, un véhicule placé trop en pente peut aussi causer le mauvais fonctionnement du réfrigérateur à absorption, voire son arrêt complet. Et ça, c’est très problématique. La mise à niveau peut se faire de différentes façons. Les grosses autocaravanes de classe A et C ont souvent des pieds niveleurs automatiques qui font le travail sans que l’on ait à se casser la tête. Pour les caravanes et les autocaravanes de classe B, par exemple, des cales à placer sous les roues sont efficaces et peu dispendieuses, bien qu’elles nécessitent un peu plus de travail.

Procéder aux branchements

Une fois le véhicule en place, il s’agit d’effectuer les branchements, s’il y a lieu. Certains emplacements de camping sont dits rustiques et n’offrent aucun service alors que d’autres peuvent fournir de l’électricité, de l’eau ou même un égout. La borne électrique étant située relativement près, le cordon du véhicule est le plus souvent suffisant. Il n’est pas recommandé d’y ajouter une rallonge électrique. Aujourd’hui, la très grande majorité des bornes proposent des prises de 15 A et de 30 A et la plupart des véhicules utilisent 30 A. Pour les gros VR équipés de plusieurs climatiseurs, il faudra plutôt une prise de 50 A. 

Il est important de souligner qu’il faut savoir reconnaitre le type de prise nécessaire et toujours respecter l’ampérage maximal que peut accepter le VR. Par exemple, il est possible, grâce à un adaptateur, de brancher son véhicule sur une prise standard de 15 A en limitant sa consommation d’électricité, même si le câble de branchement est approuvé pour 30 A. C’est le cas lorsqu’on branche une caravane à la maison. Toutefois, on serait bien mal avisé de brancher ce même véhicule dans une prise de 50 A. Son système électrique grillerait! Une fois la bonne prise identifiée, il faut s’assurer que son disjoncteur est à l’arrêt avant de poursuivre. C’est seulement après que le câble d’alimentation est branché que l’on met le disjoncteur en marche. 

Si une prise d’eau est disponible, le moment est venu de brancher le tuyau d’alimentation en eau du VR. On peut aussi utiliser un débitmètre afin d’éviter que gonfle de façon indue le réservoir pendant que le trop-plein peine à refouler le surplus d’eau. Une fois le réservoir d’eau potable plein, il est recommandé de refermer la valve pour éviter les fuites. Toutefois, bien des caravaniers préfèrent brancher le tuyau d’eau potable, ouvrir la valve et laisser le tout en place pour avoir de l’eau à volonté dans le véhicule, sans avoir à activer la pompe. 

À propos de la vidange

Pour ce qui est des eaux usées, ici encore, deux options s’offrent. Si l’emplacement possède un branchement à l’égout, on peut décider d’y brancher le tuyau de vidange immédiatement et d’ouvrir les valves. Mais ce n’est généralement pas une bonne idée pour les eaux noires, car le risque d’accumuler des matières solides dans le réservoir est trop grand. Le consensus est de laisser les valves fermées et de les ouvrir seulement lorsque le réservoir est au moins aux deux tiers. Ainsi, l’opération de drainage sera plus efficace. 

Si l’on n’a pas de branchement à l’égout à l’emplacement et qu’il faut utiliser une station de vidange, deux méthodes différentes existent. Lorsque les réservoirs sont pleins, soit on déplace le véhicule vers la station pour faire la vidange, soit on transvide les eaux usées dans un réservoir portatif fourni par le camping. Puis, on ira vider ce dernier à la station. C’est une option souvent préférable dans le cas d’une caravane ou d’une caravane à sellette.

Choisir de camper en autonomie

Enfin, quelques mots pour couvrir les étapes à suivre dans le cas où l’on s’installe plutôt sur une terre publique sans aucun lot clairement identifié ni aucun service offert. On peut penser ici aux terres de la Couronne, ou à celles gérées par le Bureau of Land Management, le BLM, aux États-Unis. Choisir son emplacement implique alors de tenir compte de facteurs bien différents, notamment de placer le véhicule de façon à ce que:

• les prises de ventilation du frigo ne soient pas au soleil, mais que les panneaux solaires, eux, soient orientés pour maximiser leur exposition; 
• que la vue à travers la fenêtre de la salle à manger soit agréable; 
• que le VR soit le plus de niveau possible; 
• que son nez soit face au vent dominant pour limiter l’effet de tangage; 
• que le lieu choisi ne soit pas dans une zone inondable ou un drainage;
• qu’il n’y ait pas de verre cassé au sol, de cactus ou autres objets pouvant entrainer une crevaison. 
Visiblement, la liberté de choix engendre aussi son lot de responsabilités!

Voilà, l’essentiel est fait. Pour le reste, ça dépend de votre équipement, du temps que vous prévoyez de passer à cet endroit et du plaisir que vous retirez de fignoler votre installation. Ainsi, il est possible d’ajouter à la liste des choses à faire d’ouvrir l’auvent, d’installer un tapis au sol et d’y déplacer la table de piquenique. Sortir le BBQ portatif, l’antenne Starlink, les panneaux solaires portatifs, l’abri moustiquaire et le foyer au gaz. Tirer une corde à linge ou installer un hamac (si c’est permis). Même décorer avec une affichette de bienvenue ou des lumières d’ambiance fait partie des choses qu’il est possible de faire. Pour certains, l’arrivée au camping ne requiert que quelques minutes alors que pour d’autres, l’opération peut prendre des heures, avec des pauses entre les étapes. Après tout, ce sont les vacances, autant en profiter comme on veut!

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