Il y a toujours une première fois. Mais ce n’est pas normal que chaque fois, l’opération ressemble à la première fois! Monter une tente, ça s’apprend, ça se pratique et avec le temps, l’opération devient généralement rapide, sans effort et sans casse-tête.

Au fil des années, j’ai vu régulièrement des campeurs qui se battent avec leur tente. Parmi les histoires les plus cocasses, il y a ce couple qui, après une bonne heure à débattre du comment et du pourquoi, a tout simplement abandonné et s’est réfugié dans son véhicule pour la nuit. Ou cette tente qui, soudainement soulevée par une bourrasque, s’est retrouvée à flotter allègrement sur le lac à plusieurs mètres du rivage. Aussi ces campeurs détrempés qui, à la lueur de leur lampe frontale, ont dérangé tout le voisinage en se questionnant à voix haute sur les étapes à suivre, pour finalement plier bagage et s’en aller on ne sait où. Et il y a moi, qui me suis réveillé au petit matin les pieds dans l’eau alors qu’une tempête poussait les vagues dans ma tente. Ou cette autre fois quand les ancrages, mal installés, ont flanché l’un après l’autre par une nuit de gros vent. Et je pourrais m’étendre encore longtemps, car j’ai connu mon lot d’aventures!

Différentes les unes des autres

Les tentes ne sont pas toutes créées égales. Certaines sont beaucoup plus complexes à monter que d’autres. Les techniques à appliquer varient beaucoup. Il est difficile ici de généraliser. Disons que tout débute par un bon désign. Par exemple, certaines ont des arceaux de couleur, ce qui facilite l’identification de l’endroit où les utiliser, d’autres ont des arceaux tous de la même longueur. Pour généraliser, plus une tente est volumineuse et haute, plus sa toile est lourde, plus il y a d’arceaux, plus elle sera difficile à assembler. Sans compter qu’il y a des tentes autoportantes et d’autres qui ne le sont pas. Beaucoup de facteurs qui comptent, mais dans bien des cas, et ça peut changer la donne, une affichette glissée dans le sac de transport ou même cousue sur celui-ci, offre les instructions de montage!

Par où commencer?

En premier lieu, il faut énoncer l’évidence: d’abord lire ces instructions! Les lire et les mettre en pratique, à la maison, sur une pelouse par un bel après-midi ensoleillé. Bien des campeurs chevronnés se font prendre au piège, croyant qu’ils en ont vu bien d’autres. Bref, lire les directives et faire l’exercice de monter la nouvelle tente au moins une fois avant le jour J est toujours une bonne idée. 

Avant le départ, il importe aussi de s’assurer d’avoir tous les morceaux. Il peut arriver que quelque chose manque, car au retour de votre dernière sortie avec cette tente, vous aviez tout étalé pour faire sécher l’équipement, évidemment. Peut-être aussi aviez-vous réparé un morceau décousu ou brisé? Alors il se peut qu’un des éléments n’ait pas été rangé à la bonne place…

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L'installation

Il est préférable d’arriver au campement alors qu’il fait jour. Il sera non seulement plus facile de monter la tente, mais ce sera aussi plus poli envers les voisins. Si c’est impossible et que la nuit est tombée avant que vous soyez installés, évitez d’utiliser les phares du véhicule pour vous éclairer. Les lampes frontales seront utiles dans ce cas.

Arriver alors qu’il fait clair permet de bien choisir l’emplacement où monter la tente. On peut bien sûr opter pour une orientation qui offre une belle vue, mais la plupart du temps, d’autres considérations sont plus importantes, l’état de la surface du sol, par exemple. Il vaut la peine de prendre quelques minutes afin de retirer les cocottes de sapin et les gros cailloux. Aucun matelas de sol ne saurait protéger adéquatement de cela. Il y a aussi la question de l’inclinaison. Une légère pente est acceptable, mais on préfèrera généralement avoir la tête plus haute que les pieds. Une bonne façon de régler tous ces détails consiste à étendre la toile de fond sur le sol à l’endroit choisi. En s’y allongeant, on teste l’inclinaison puis, avec les doigts, il est facile d’identifier les objets irritants, comme une grosse racine. Dans ce dernier cas, il faudra déplacer la toile, évidemment. 

La toile de fond sert à protéger le fond de la tente de l’abrasion tout en augmentant sa résistance à l’eau. Elle ne doit en aucun cas dépasser l’empreinte au sol de la tente, au risque de faire pénétrer de l’eau par les côtés, à la suite d’éclaboussures. Ainsi, un morceau de polyéthylène coupé à la bonne dimension fera le travail, mais les toiles du fabricant, adaptées spécifiquement à la tente, sont encore mieux. S’il vente, il faudra la fixer au sol avec quelques piquets avant de déposer le corps de la tente dessus. Une fois la tente bien étendue, on glisse les arceaux préalablement assemblés dans les manchons et les attaches à crochet. C’est ici que le montage se corse. 

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S’il est possible de lever le corps de la tente seul, le faire à deux s’avère plus facile et limite les risques de plier ou de casser un arceau. Certaines compagnies suggèrent de fixer les quatre coins de la tente avant de procéder à cette étape. Personnellement, je trouve que c’est généralement plus embêtant qu’autre chose, à moins qu’un vent à écorner les bœufs ne souffle. 

En face l’une de l’autre, chacune des deux personnes tient l’extrémité de la tente d’une main et l’extrémité de l’arceau de l’autre. Une après l’autre, elles poussent sur l’arceau pour le faire fléchir et soulever la toile pour ensuite en insérer la pointe dans l’œillet prévu à cet effet. Selon le type de tente, les arceaux suivants sont assemblés de la même façon et attachés avec les crochets. Une fois le double-toit lancé sur le corps de la tente et placé de façon à orienter le vestibule et les fenêtres au bon endroit, il suffit de fixer les extrémités aux œillets utilisés précédemment. Dans certains cas, il faudra un arceau ou deux de plus pour tendre la toile.

Par grand vent, si la tente n’est pas déjà fixée au sol par des piquets dès que le corps de la tente est monté, il sera judicieux de glisser des objets lourds à l’intérieur, afin d’éviter qu’elle ne s’envole. Qu’il vente ou non, il est important d’utiliser quelques cordes d’ancrage. Ces dernières servent à bien tendre le double toit pour favoriser la circulation d’air entre les deux toiles. Cela limite la condensation, facilite l’écoulement de l’eau sur la toile et rend l’ensemble plus résistant au vent et… moins bruyant. Pour ajuster facilement la tension sur ces cordes, on utilisea un nœud de camionneur ou un tendeur. Afin de les fixer solidement, plusieurs options s’offrent: attachées à un piquet dans le sol, à un arbre, au véhicule ou, en dernier recours, autour d’une grosse pierre.

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Quelques conseils de plus 

Voilà! La tente est montée. Honnêtement, ça semble plus compliqué que ça ne l’est en réalité. Bien sûr, les choses se corsent par grand vent ou à la pluie battante. Il est alors possible d’ancrer les parties de la tente au fur et à mesure qu’on l’assemble, de se protéger du vent avec le véhicule et même de monter d’abord une bâche au-dessus de l’endroit où l’on travaille afin de ne pas tout détremper. Certaines tentes permettent même de monter le double-toit avant le corps de la tente pour cette raison bien précise. 

Pour terminer, un mot au sujet des sardines (ou piquets). Il en existe une multitude de sortes! Pour résumer, les piquets en plastique sont les moins intéressants, ceux en aluminium, plus légers et dispendieux, alors que ceux en acier sont robustes mais lourds et ont tendance à rouiller. Les meilleurs sont longs, vrillés et en aluminium. Quelquefois cependant, il n’y a qu’un bon clou de 4 po qui réussit à s’enfoncer dans le sol compact et plein de roches d’un emplacement!

Allez, bonne chance!