Si l’on analyse une sortie en véhicule récréatif, qu’elle soit de courte ou longue durée, on peut la diviser en quatre étapes: le départ, le déplacement, l’arrivée et le séjour. Chacune de ces étapes requiert son lot de tâches propres. L’une, associée à l’arrivée, est la mise à niveau du véhicule. Est-ce vraiment important? Quelles sont les options disponibles? Quels sont les trucs pour rendre cette opération sécuritaire, rapide et facile? Camper répond aujourd’hui à toutes ces questions.

Il importe de faire quelques précisions avant de débuter. Tout d’abord, cet article ne traite pas des pieds niveleurs automatiques qui équipent la plupart des autocaravanes des classes A et C, et même certaines B+, ainsi que des caravanes de fort gabarit. Ces pieds, au nombre de quatre, sont fixés en permanence au véhicule et se déploient en groupe ou  individuellement en appuyant sur les boutons d’une télécommande ou d’un panneau de contrôle.

À contrario, les petits véhicules, comme les autocaravanes de classe B et la plupart des caravanes, doivent être mis à niveau avec des accessoires indépendants, comme des blocs ou des rampes. Il ne faut pas confondre ces accessoires avec les pieds stabilisateurs qui se déploient manuellement ou électriquement. Ces derniers ne sont pas conçus pour soulever le VR au complet, mais plutôt pour augmenter l’emprise au sol et diminuer le débattement de la suspension.

Les cales de roues, un autre type d’accessoire, peuvent quant à elles se combiner aux cales de mise à niveau. Elles ont pour but de bloquer les roues afin de prévenir tout mouvement vers l’avant ou l’arrière. Bref, ici, il s’agit spécifiquement et uniquement des accessoires que sont les cales de mise à niveau pour petits véhicules récréatifs.

L'importance de mettre à niveau

L’une des premières tâches à accomplir à l’arrivée à un emplacement de camping est de mettre à niveau le véhicule selon ses deux axes, soit avant/arrière et gauche/droite. On l’effectue en positionnant le VR à sa place définitive ou très près. Il y a plusieurs raisons pour cela. L’une est le bon fonctionnement des systèmes. Par exemple, le réfrigérateur à absorption peut mal fonctionner, ou même être endommagé, si une différence de plus de 6° se fait sentir entre l’avant et l’arrière, et même de seulement 3° entre le côté gauche et le côté droit. Les frigos à compresseur résidentiels et ceux fonctionnant sur le 12 V peuvent supporter des angles plus importants, toutefois.

De même, l’écoulement des liquides est fortement influencé par les pentes. Sans mise à niveau, les réservoirs d’eaux usées ne se vidangeront pas adéquatement, les sondes de niveau n’indiqueront pas la bonne lecture, les éviers ainsi que la douche ne se videront pas correctement. Ajoutez à cela les inconvénients liés à la préparation des aliments quand les liquides dans un poêlon, par exemple, se retrouvent tous du même côté. Le confort des occupants peut aussi être diminué par une pente excessive. Si l’on sent moins le problème lorsqu’on se déplace, s’étendre dans le lit et rouler d’un côté s’avère incommodant, surtout si deux personnes partagent la couchette!

Avec un peu d'expérience, il est facile d'estimer la hauteur requise pour les cales. - Magazine Camper Avec un peu d'expérience, il est facile d'estimer la hauteur requise pour les cales.

De plus, comme le châssis du véhicule est mis en torsion et en flexion s’il n’est pas au niveau, il se peut que des portes ferment mal et, pire, que des rallonges escamotables ne s’ouvrent ou ne ferment plus. Notons toutefois que ces dernières se retrouvent essentiellement sur des véhicules récréatifs plus imposants et habituellement équipés, comme je le mentionnais, de pieds niveleurs. Enfin, pour un arrêt à long terme, la mise à niveau permet de minimiser les risques de dommages à l’intégrité du châssis en répartissant la charge de façon égale sur toutes les roues.

Les options

Ce ne sont pas les options qui manquent! Avant de prendre une décision, il faudra garder en tête plusieurs critères. Le prix est toujours l’un d’eux, bien évidemment, mais il faut se rappeler que le moins cher n’est pas toujours le meilleur. D’autant plus que l’étendue des prix, quelquefois pour le même type d’accessoire, peut carrément se révéler embêtante. L’espace de rangement, souvent limité, a également un impact dans la décision, de même que la polyvalence de l’accessoire. En effet, des blocs qui peuvent servir pour la mise à niveau et aussi comme base à un cric seraient à privilégier dans un petit véhicule. La hauteur que l’on peut obtenir, la durabilité, le poids et la facilité d’utilisation sont à prendre en compte, ainsi que le nombre d’unités nécessaires. Il faut savoir que de mettre à niveau une caravane à un essieu ne requiert pas le même nombre de cales qu’un VR tracté à deux essieux. Enfin, il est intéressant de considérer la largeur des cales afin que les pneus soient mieux supportés. La largeur des pneus peut différer beaucoup entre une caravane classique et un véhicule équipé pour le hors-route.

La première option, sans nul doute la plus économique, sera d’utiliser des blocs de bois. Des morceaux de 2 x 6 ou 2 x 8, en bois traité, peuvent faire l’affaire. Toutefois, les empiler pour atteindre la hauteur voulue peut créer une situation peu sécuritaire, sans compter la difficulté de faire grimper le véhicule sur ces deux ou trois blocs. Il est possible de couper l’extrémité des blocs en biseau pour adoucir l’angle, de faire des coches pour augmenter l’adhérence ou encore d’assembler de façon permanente plusieurs morceaux pour construire une rampe.

L’option la plus polyvalente semble être d’utiliser des blocs de plastique empilables, comme ceux de Camco (qui offre près de six options différentes) et de Lynx. Légers et compacts, ils donnent la possibilité de faire une pyramide si la situation l’exige. Un paquet de dix blocs est un minimum, deux paquets offrent plus de possibilités. Ainsi, il devient possible de mettre trois blocs du côté passager à l’arrière et six blocs sous chacune des deux roues avant, par exemple. Chaque bloc a une épaisseur d’environ 2,5 cm (1 po) et il est facile de les empiler pour obtenir plus de 10 cm (4 po). Évidemment, plus c’est haut, plus c’est risqué. Il faudra se fier aux recommandations du fabricant pour une utilisation sécuritaire. Polyvalents, ces blocs peuvent s’utiliser sous la patte d’un cric, d’autant plus qu’il est possible d’ajouter une plaque à surface lisse comme dernière couche à l’ensemble. Des plaques plus larges sont aussi offertes, si le besoin s’en fait sentir. Quant à la compagnie RV Snap Pads, elle offre des blocs plus épais, à 3,8 cm (1 ½ po), plus solides et plus larges, chacun équipé d’une feuille de caoutchouc détachable.

Une autre option est d’utiliser des rampes de plastique. Il est facile de faire grimper le véhicule sur une rampe qui offre souvent trois niveaux ou paliers. Toutefois, ces accessoires prennent beaucoup de place dans les coffres et n’offrent pas autant de polyvalence que les blocs. Il est plus difficile de positionner le tout pour avoir des incréments différents sous deux ou trois roues. Pour un maximum de précision, les rampes courbées sont à considérer. Des entreprises comme Andersen ou Carmteck offrent ces modèles qui ressemblent à des berceaux. Il suffit de faire rouler lentement le véhicule sur la rampe jusqu’à ce que l’ensemble soit au niveau, puis de placer la cale sous l’extrémité soulevée. Bien que la précision de l’opération soit bonne, la hauteur maximale est souvent de seulement 10 cm et, encore une fois, il est difficile de travailler sur plus de deux roues à la fois, et encore plus sur les deux axes (avant/arrière et gauche/droite).

En terminant, j’ai trouvé une option peu commune venant d’Allemagne: EMUK Air-Lift, des coussins gonflables à placer sous les pneus. Pour satisfaire votre curiosité, consultez emuk.com, sélectionnez FR en haut à droite, puis cliquez sur Caravan/Coussin_gonflable dans le menu.

Un sol sec et l'absence d'insectes piqueurs rend l'installation des cales plus facile. - Magazine Camper Un sol sec et l'absence d'insectes piqueurs rend l'installation des cales plus facile.

Mode d'emploi

Selon l’option choisie, les étapes peuvent varier légèrement. Au risque de paraitre trivial, je vous dirai que la meilleure démarche consiste à suivre les instructions du fabricant! Je peux toutefois suggérer quelques trucs pour faciliter les opérations.

Tout d’abord, il faut choisir l’endroit et le terrain adéquatement. Évidemment, opter pour un emplacement le plus au niveau possible facilite la chose. Vous serez surpris de voir que, même dans les campings aménagés, les pentes sont parfois importantes sur les emplacements. Si l’espace est assez long et large, on peut même considérer de stationner le véhicule légèrement en angle. Ensuite, il faut s’assurer que le sol est propice à y déposer les cales. On enlève les pierres et les racines, s’il y a lieu, mais on s’assure aussi de la solidité du sol. Un emplacement tout en sable ou gazonné offre moins de stabilité qu’une plateforme de béton, de toute évidence. Les cales doivent ensuite être poussées contre le pneu afin d’y faire contact, et ce, afin de limiter les risques de glissement. D’ailleurs, un petit tapis de caoutchouc sous la cale aide beaucoup en ce sens. Il permet, en bonus, de protéger celle-ci des bris sur un sol rocailleux et d’ajouter une certaine épaisseur à  l’ensemble. Plusieurs systèmes de cales offrent ces tapis antidérapants, mais il est aussi possible d’en fabriquer en coupant des pièces dans du caoutchouc recyclé servant à recouvrir des marches.

Avec un peu d’expérience, il est possible, à l’oeil, d’évaluer les hauteurs requises. Toutefois, un petit niveau à bulle est un accessoire utile à cette étape et pour confirmer à la fin que le travail est bien fait. Il est possible d’utiliser plusieurs types de niveaux. Certains se fixent sur les murs extérieurs du VR tracté ou de l’autocaravane. Pour ma part, je préfère utiliser un petit niveau de menuisier traditionnel que je dépose au plancher ou sur un comptoir. Après vérification de l’adéquation entre les mesures à différents endroits, on peut même le placer sur le parechoc ou le long d’un joint extérieur. Bref, on évalue grâce au niveau l’ampleur du nivèlement à effectuer et les axes à privilégier.

Le moment est venu de reculer (ou d’avancer) le véhicule sur les cales. J’aime bien, quand c’est possible, régler la transmission sur l’option 4L, soit quatre roues motrices gamme basse, et appuyer sur l’accélérateur alors que, simultanément, le pied gauche est sur la pédale de frein. Ainsi, j’obtiens le maximum de force et de contrôle tout en évitant les à-coups. Certains ensembles de cales possèdent une cale de roue intégrée à l’ensemble, ce qui facilite l’identification du moment où arrêter… avant de retomber en bas de la pyramide de cales ou du berceau. Évidemment, l’aide d’une personne qui relaie l’information depuis l’intérieur de la caravane, par exemple, peut épargner quelques allers-retours au conducteur!

Un autre accessoire, plus sophistiqué et dispendieux, est un niveau électronique comme celui de la compagnie Beech Lane. Une fois qu’il est installé dans le véhicule à mettre au niveau, l’application qui y est associée sur un téléphone cellulaire donne non seulement le nombre de centimètres à ajuster, elle évalue aussi en temps réel la progression de l’opération. Avec ce bidule, fini les estimations et les tentatives infructueuses.

Dans tous les cas, une fois le véhicule au niveau, il faut appliquer le frein manuel et, idéalement, placer des cales de blocage aux roues. Évidemment, ce ne sera peut-être pas possible pour les roues surélevées, selon la hauteur et le type de cales utilisées. De solides et lourdes cales de caoutchouc sont à privilégier par rapport aux cales de plastique légères qui ont la fâcheuse habitude de glisser. Une vérification rapide de la mise à niveau est de mise pour confirmer que l’opération a été un succès.

Mettre à niveau une autocaravane diffère légèrement de l’opération à effectuer avec une caravane. Normalement, cette dernière n’a besoin de cales que pour une mise à niveau gauche/droite, l’ajustement avant/arrière s’effectuant aisément avec le cric manuel ou électrique situé sur la flèche avant. Franchement, il a été plus long d’expliquer le processus… que de réaliser l’opération dans la vraie vie!

Si la mise à niveau est une opération essentielle, il ne faudrait toutefois pas s’évertuer à tenter d’obtenir une assiette parfaite. Chaque personne a son niveau (!) de tolérance et les appareils leur sensibilité propre. Plusieurs campeurs d’expérience vous le confirmeront: quand la mise à niveau n’était pas optimale, tous ont survécu, ainsi que les appareils. Comme toute chose, avec un peu d’expérience, l’opération deviendra moins longue et pénible, à moins qu’il ne pleuve des cordes, que les moustiques soient voraces et que le sol soit boueux et en forte pente. Bonne pratique!

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