Le parc national des Grands-Jardins porte bien son nom. Sa végétation, composée de tapis de lichens typiques d’un climat boréal, est exceptionnelle à cette latitude. L’expression Grands-Jardins date d’ailleurs de bien avant la création du parc. Ce parc est un fabuleux terrain de jeu pour les campeurs et les caravaniers, et ce, depuis longtemps.
Dans Charlevoix, à 380 kilomètres au nord-est de Montréal, mais à seulement 125 kilomètres de Québec, on accède au parc national des Grands-Jardins par la route 381. C’est là que se situe le poste d’accueil du Mont-du-lac-des-Cygnes, entre Saint-Urbain, au nord de Baie-Saint-Paul, et La Baie, au Saguenay. Le tracé de cette route, datant d’un chemin de 1850, délimite grosso modo la partie est du parc et en isole une toute petite portion, qui est justement la plus populaire du parc. Bien que la route soit asphaltée sur son entièreté, ses virages et surtout ses pentes la rendent, disons, intéressante. Comme tout le monde sait que la région est réputée pour ses côtes, personne ne sera surpris qu’une pente de 18% agrémente le tracé. La précaution essentielle consistera à vérifier l’état des freins de son véhicule avant de s’y rendre!
Un peu d'histoire
Créé en 1981, le parc national des Grands-Jardins atteint une superficie de 319 km2. Mais la grande majorité des visiteurs se concentre dans la petite section englobant le fameux mont du Lac des Cygnes, situé dans la partie sud-est. Fréquenté initialement par les Innus et les Hurons-Wendats, l’endroit a par la suite été prisé par les Américains et les Ontariens pour la chasse au caribou. Lorsque les caribous ont été décimés, ce sont les pêcheurs qui ont pris la relève. Dès 1890, le club privé Murray Fishing Club (ou Club La Roche), le plus important club situé dans l’actuel parc, y avait fait construire des camps de pêche. Certains subsistent encore aujourd’hui, comme le « château » Beaumont. Depuis la création du parc et sa désignation par l’UNESCO comme l’une des aires centrales de la Réserve de la biosphère de Charlevoix, l’endroit est protégé et fréquenté non seulement par des pêcheurs, mais surtout par des villégiateurs et des amateurs de plein air en général.
Un portrait rapide
Le parc est assis sur le Bouclier canadien et fait plus précisément partie du massif des Laurentides. Son climat s’avère plus froid et humide que la région environnante. Comme mentionné précédemment, sa végétation est exceptionnelle à cette latitude et ne devrait se rencontrer que 500 kilomètres plus au nord. Façonnée par les feux de forêt et les épidémies d’insectes, soumise aux réalités d’un sol pauvre et acide, la végétation consiste de forêts d’épinettes ainsi que d’étendues ouvertes où lichens et éricacées ont établi leur emprise. La faune du parc comprend des espèces adaptées aux conditions climatiques boréales, mais aussi d’autres, plus méridionales, comme les loups, les lynx, les castors, les loutres et divers petits mammifères. Lors de séjours récents y ont été aperçus des ours noirs, de même que des tétras du Canada, cet oiseau nicheur qu’il ne faut pas confondre avec la gélinotte huppée.
Le décor naturel du parc ne manque pas d'épater ses visiteurs.
D’un point de vue géologique, la région de Charlevoix est bien connue pour ses montagnes, mais aussi pour son fameux cratère météoritique. Il y a 360 millions d’années, une météorite a touché le sol brutalement et s’est enfoncée à 5 000 mètres sous la surface du sol, créant une dépression circulaire de 54 kilomètres. Ce cratère est visible du haut du mont du Lac des Cygnes, qui en délimite d’ailleurs l’enceinte nord-ouest.
L'arrivée au parc
Le parc est ouvert toute l’année, quoique certaines sections soient fermées l’hiver. Le centre de services du Mont-du-Lac-des-Cygnes est le premier auquel on accède par la route 381. Le deuxième centre de services, celui du lac Arthabaska, est situé plus au centre du parc. Les activités de pêche, encore offertes, donnent l’occasion d’explorer la partie ouest du parc, moins développée et moins achalandée. Il est possible de pratiquer des sports nautiques, comme le canot, le kayak et même la planche à pagaie sur un court trajet reliant le lac Arthabaska au barrage Wabano, plus au sud. Toutefois, il faut noter que le parcours suggéré, qui implique d’emprunter de maigres voies reliant de petits lacs, est fortement tronqué en raison d’un manque d’eau et de la prolifération de la végétation aquatique. On peut se rabattre sur d’autres petits plans d’eau, comme l’Étang-Malbaie et des Îles. La rampe de mise à l’eau du petit lac Turgeon, quant à elle, est située tout près du « château » Beaumont, cet ancien camp de pêche, et sert aussi de départ pour les sentiers La Pinède ou Le Brûlé. Attention! La présence d’ours noirs dans le coin est bien connue!
Le camping fait la joie des sportifs
Un paradis pour les randonneurs
Il faut admettre que la randonnée représente l’une des activités phares du parc. Tout particulièrement la très connue randonnée au sommet du mont du Lac des Cygnes. Partant du centre de services du même nom, il suffit de prendre à droite pour accéder relativement aisément, par un sentier de gravier bien entretenu, au sommet du mont. L’aller-retour totalise environ neuf kilomètres. Les randonneurs plus avisés et en forme opteront vraisemblablement pour la boucle en sens horaire en empruntant à gauche, dès le début, le sentier du Pioui. Cette boucle de onze kilomètres offre les plus beaux panoramas! Du même point de départ, il est possible de grimper le sentier La Chouenne avec son pitou, puisque les chiens sont admis dans certains secteurs. Comme le sentier est plutôt large et bien aménagé, la petite famille y trouve aussi son compte. La vue sur 360° au sommet se révèle magnifique, rien de moins. Des 30 kilomètres de sentiers que compte le parc, ce sont, de loin, les options les plus populaires. Toujours dans cette section sud-est du parc, mentionnons que le petit mais sympathique sentier Le Gros Pin fait une boucle de deux kilomètres en partance du camping aménagé Le Pied-des-Monts. Là aussi, les chiens sont admis et ce parcours facile est bien adapté aux familles. Enfin, il est aussi possible de pratiquer l’escalade de rocher et même d’emprunter un parcours de via ferrata, en collaboration avec Parcours Aventures.
On y campe
Bien que le parc soit facilement accessible et relativement près des grands centres, il est intéressant d’y séjourner quelques nuits afin de maximiser son expérience. Outre l’offre de chalets et d’options de prêt-à-camper, le parc compte deux campings aménagés. Le Pied-des-Monts, situé à l’entrée sud-est dans la région du mont du Lac des Cygnes, offre 27 emplacements sans services et 9 autres avec électricité. C’est le seul endroit où les chiens sont acceptés et où l’on trouve une station de vidange pour les véhicules récréatifs. Quant au camping Arthabaska, il est plus isolé et offre 30 emplacements sans services. Il se trouve à proximité du centre de services du même nom et du centre de location d’embarquements nautiques. Pour les amateurs de camping rustique, le site La Roche offre 23 emplacements alors que celui de l’Étang Malbaie n’en a que 5.
Pour bien profiter de la région
Le parc des Grands-Jardins est sis dans un décor naturel impressionnant. Si l’on a quelques jours devant soi, on peut prolonger son séjour dans le coin en poussant un tantinet plus à l’est afin d’explorer un autre parc renommé: celui des Hautes-Gorges-de-la-Rivière-Malbaie. Avec ce duo de destinations, chacun reviendra certainement de son périple les poumons gonflés d’air frais et la tête pleine d’images.