Répit avant le grand départ

5 avril 2026

De la mi-mars à la mi-avril, des milliers de nos compatriotes s’activent à plier bagage et quitter l’emplacement sur lequel ils s’étaient installés au début d’hiver, souvent en Floride, pour entreprendre la longue migration annuelle vers le Québec. Évidemment, vous avez compris que je parle de nos compatriotes caravaniers, une des deux branches de ce que nos voisins nomment « snowbirds ». L’autre branche, composée de ceux qui possèdent ou louent une résidence fixe pour fuir l’hiver, préfère souvent l’avion pour revenir au pays. 

Les caravaniers qui s’apprêtent à lever les feutres — le mot sandales serait plus approprié — en début mars adoptent très souvent une stratégie de retour différente de ceux qui reprennent la route dans la seconde moitié d’avril. Ces derniers, avides de profiter au maximum d’un peu plus de chaleur, avaient établi leurs pénates dans la partie la plus au sud de la Floride, tant du côté de l’Atlantique que du golfe du Mexique de la longue péninsule de l’état des oranges (le fruit, bien sûr). 

Profiter au maximum et le plus longtemps possible des beaux jours du printemps floridien, beaucoup plus précoce et chaleureux que le timide et paresseux qui afflige le Québec, oblige cependant les caravaniers au départ tardif à opter un retour au bercail plus compressé. Après tout, nous sommes tous soumis à la date butoir du 30 avril pour soumettre les pénibles déclarations annuelles de revenus. Conséquemment, leur trajet de retour les obligera à multiplier les kilomètres entre des étapes dictées par le besoin de dormir.

À l’opposé, d’autres caravaniers, ayant également passé l’hiver dans la même partie de la Floride que ceux dont je viens de parler, adoptent plutôt une façon différente de revenir à la maison, un retour que l’on pourrait qualifier de progressif. Moins à l’aise avec un mercure qui grimpe facilement dans le rouge au soleil du printemps et une humidité qui rend la température presque insupportable, ils vont parsemer leur retour d’étapes.

Certains, comme le faisait remarquer Micheline Fortier, gérante du Sun Outdoors RV Resort à Port Orange, vont faire escale à son établissement pour une semaine ou même un mois. Dans cette ville située dans la moitié nord de la Floride, la température peut souvent y être inférieure de 10 à 15º Celsius que celle de Miami. Toujours selon Mme Fortier, ces caravaniers trouvent dans cet arrêt un peu de fraicheur, mais aussi un temps de repos pour se requinquer avant de s’attaquer au retour.

Pas vraiment familier avec cette approche du retour à la maison, cette année, j’ai tenté l’expérience après m’être attardé dans plusieurs endroits tout autour de la péninsule. J’ai donc choisi comme dernier arrêt en Floride, un camping qui, jusqu’ici, avait échappé à mon radar. Il s’agit du Flamingo Lake RV Resort, un camping d’un peu plus de 400 emplacements ensoleillés ou ombragés, au choix. 

Les emplacements au soleil entourent un plan d’eau de quelques centaines de mètres de diamètre ayant inspiré le nom du camping. Sur le côté sud du lac, chaque emplacement dispose de deux systèmes complets des services (eau électricité et égout) un à gauche et l’autre à droite. Cette caractéristique permet de reculer un VR tracté et de voir l’eau de sa fenêtre arrière ou de positionner une autocaravane, parebrise face au lac. Certains emplacements viennent même avec un balcon sur pilotis et balancelle privée, directement sur la rive du lac.  

Situé en banlieue nord de Jacksonville, le Flamingo Lake offre aussi de multiples ressources : plages privées (2), location de planches à pagayer, kayak ou voiturettes de golf, pêche à la ligne, restaurant et bar. 

Adjacent au périphérique (I-295), quelques minutes suffisent pour se retrouver sur l’autoroute I-95, cap au Nord. Seul bémol, le bruit des voitures qui circulent sur la I-295. Heureusement, cette voie de contournement étant principalement utilisée par les banlieusards pour se rendre au travail et revenir à la maison, le bruit diminue considérablement en soirée et durant la nuit.

Durant la semaine où nous avons séjourné dans cet établissement, nous avons pu rencontrer et discuter avec deux couples de Québécois qui en avait fait leurs quartiers d’hiver. Chacun des deux nous a déclaré avoir composé facilement avec les bruits ambiants. Frais et dispos, nous avons entamé ce matin le dernier droit vers la frontière canadienne.

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