Après la sédentarité, l'aventure
8 mars 2026
Aujourd’hui, de nombreux caravaniers visitent le Salon du véhicule récréatif de Montréal et rêvent d’escapades à venir. Bien qu’encore en Floride, en ce 8 mars, je dresse un bilan intermédiaire de notre voyage actuel, ce qui pourra ajouter de plus vastes horizons à leurs rêves.
La semaine dernière, Michelle et moi avons atteint le point méridional le plus éloigné du Québec pour notre périple hivernal 2025-2026. Après un arrêt de quelques jours à Fort Lauderdale, pour visiter des amis de très longue date, nous avons repris le cap qui nous ramènera au pays. Théoriquement donc, nous sommes engagés sur le chemin du retour, même si la route sera longue et paresseuse. Nous avons comme excuse que le printemps, qui se pointe ici, mettra, comme nous, encore quelques semaines avant de s’intégrer au paysage québécois.
Les premiers mois de notre périple au soleil ont marqué une rupture avec nos habitudes. Plutôt que de rouler jusqu’au sud de la Floride, nous nous sommes attardés pendant trois mois dans un camping de la région de Daytona. N’ayant sans doute pas apprécié cette fantaisie, la météo se fit froide. Attention, je ne fais pas allusion à un froid québécois, mais à un froid floridien.
Certes, le soleil s’y faisait généralement présent, mais le thermomètre ne semblait pas vouloir suivre. À quelques reprises, boudeur de plaisir, ce dernier jongla avec les -6º C au petit matin. Rien de dangereux pour les engelures de plomberie, juste un petit frisson appelant un peu de laine.
Peu familière à une si longue escale, notre envie de renouer avec la route prit de l’ampleur. Aussi, depuis lundi dernier, tels des papillons, nous butinons d’un parc à l’autre. Étant donné que nous sommes au pic de la saison touristique dans cet état et que les parcs d’état ou de comté affichent souvent complet, il nous arrive, comme hier soir, d’élargir notre définition du mot parc en y incluant des stationnements de restaurants Cracker Barrel hospitaliers. Après tout, le français est encore considéré comme une langue vivante, même s’il pointe de plus en plus vers le statut d’espèce menacée.
En prévision de notre retour à l’errance, j’avais réussi, il y a une douzaine de jours, à obtenir deux nuitées consécutives au Jonathan Dickinson State Park, à Hobe Sound, tout près de Jupiter. Une fois ces jours trop courts venus à expiration, m’étant rendu à deux reprises à l’office dans les minutes suivant l’heure officielle (13 h) pour quitter un emplacement à la fin d’un séjour, je pus obtenir par deux fois une prolongation qui permit d’ajouter trois jours de plus à notre escale. Même s’il fallut déménager sur deux emplacements différents, l’affection que nous portons à ce parc compensa fortement ce léger inconvénient.
Hier matin, devant l’échec d’une dernière tentative pour obtenir un emplacement, nous avons pris la route vers Kissimmee, où j’avais repéré un Cracker Barrel sur notre itinéraire. Belle surprise, à quelques dizaines de mètres, dans le stationnement d’un magasin affichant la bannière Target, 18 stations de recharge Tesla à entrée directe allaient permettre de ravitailler notre VE en énergie tout en laissant la caravane attachée à son tracteur.
D’ailleurs, parlant d’énergie, notre style actuel d’errance a un impact direct sur les coûts associés à nos déplacements. Depuis quelques années, les parcs d’état de la Floride procurent de plus en plus d’emplacements de camping avec service électrique de 20, 30 et 50 ampères. Je peux donc brancher ma caravane sur le circuit de 30A et réserver la prise 50A pour la voiture.
Il peut arriver que 50A représente la limite maximale utilisable par l’ensemble des trois prises. Aussi, pour ne pas provoquer l’ouverture inopinée du disjoncteur, me faut-il revoir à la baisse le nombre d’ampères/heure octroyé à la recharge de l’auto. En dehors de l’heure des repas où la plaque à induction et le chauffe-eau sont en général fortement utilisés, le réfrigérateur-congélateur 12V à compression affiche une gourmandise quasi permanente quand le mercure atteint près de 30 °C à l’extérieur et que le soleil cuit les murs du VR, je peux facilement limiter la voiture à moins de 30A, ce qui permet d’ajouter 7 kW d’énergie supplémentaire par heure. Au matin, la batterie est alors prête à rouler 250 à 300 km en remorquant la caravane.
Demain lundi, nous arriverons au Wekiwa Springs State Park à Apopka où un emplacement nous attend pour trois jours. Évidemment, je vais m’y présenter aujourd’hui, espérant qu’une annulation inattendue permettrait d’y entrer plus tôt. À défaut, un Cracker Barrel à moins de six kilomètres viendra à notre rescousse pour la nuit. Pour la suite, on verra bien !
Voilà sans doute le plus grand inconvénient de la vie en mode nomade, mais, pour les habitués, ne pas savoir longtemps à l’avance où seront nos prochaines escales fait intégralement partie de l’aventure.
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Commentaires
Dumoulin
Tout comme vous, nous prenions plaisir à composer notre itinéraire selon les disponibilités, pas toujours facile, mais plusieurs découvertes. Bon retour lentement, ici nous avons un semblant de printemps, mais je pense plutôt à un recul pour mieux nous faire geler, AHAHAH.
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