Le Nouveau-Brunswick, c’est la porte d’à côté. Comme plusieurs, ma conjointe Sylvie et moi y sommes allés à maintes reprises. Nous avons décidé d’y retourner et d’en explorer la côte. Nous avons encore fait de belles découvertes!
Notre plan était simple: traverser le Maine d’ouest en est, longer la côte de Saint-Andrews à Hopewell Cape, couper dans les terres pour rejoindre Bouctouche, monter vers le nord jusqu’à l’ile Miscou, puis finir en mettant le cap à l’ouest pour revenir au Québec par Campbellton. Une fois l’itinéraire établi, il suffisait de mettre kayaks, bottes de randonnée et vélos dans le camion! Nous étions partis!
Le passage des douanes à Calais, ME/Saint Stephen, NB s’est fait rapidement et sans problème. Comme à notre habitude, plutôt que d’emprunter la Transcanadienne, nous avions opté pour la petite route 170 et bifurqué vers le sud, sur la 127, à Gilman Corner. Un court arrêt au lieu historique international de l’Île-Sainte-Croix, le long de la rivière du même nom, nous a permis de faire un passionnant saut à l’époque de la Nouvelle-France. À Saint Andrews, ville touristique et balnéaire au charme discret, nous avons choisi de visiter, toujours sur le même thème, le lieu historique national du Blockhaus-de-St. Andrews et le phare de Pendlebury. Parce que nous aimons l’histoire, l’architecture… et la mer! Mais notre arrêt le plus long, celui que nous avions minutieusement planifié, a eu lieu au parc provincial de la plage New River. Précisons que ç’avait été la destination de l’un de nos premiers voyages en couple et que nous voulions nous rappeler de bons souvenirs.
Ce parc est doté d’un camping, ce qui en fait le point de départ idéal pour explorer les lieux. Randonnées sur la plage de New River, de Chitticks ou le long des falaises du cap Barnaby, ainsi que kayak de mer dans la baie de Fundy… Les jours ont passé trop rapidement! La pluie et le brouillard étant de la partie, les sentiers étaient inondés et les sorties en mer avaient souvent une ambiance feutrée.
De passage à Saint John, je voulais montrer à Sylvie le fameux mascaret, ou les chutes réversibles, comme certains l’appellent. Si assister à ce spectacle naturel souvent grandiose vous fait envie, n’oubliez pas de bien noter l’heure des marées avant de vous y rendre. Nous avons ajouté au programme une courte visite à la tour Martello, qui offre une belle vue sur la ville. Une découverte: une randonnée au parc naturel Irving, situé sur une péninsule au sud de la ville.
Une route panoramique
Par la suite, notre itinéraire nous menait tout droit au parc national Fundy, un incontournable que nous voulions visiter à nouveau. Mais avant, une autre belle surprise nous attendait: la promenade du sentier Fundy (Fundy Trail Parkway en anglais). Cette route panoramique de trente kilomètres se faufile à travers un parc de 6 323 acres où les arrêts avec points de vue et les sentiers pédestres sont légion. Wow! L’entrée du parc, géré par un organisme à but non lucratif, est payante. Mais en une journée, nous n’avions qu’effleuré les beautés du lieu. Il faudra y retourner!
Le parc national Fundy, quant à lui, n’a pas besoin de présentation. Nous avions opté pour deux campings différents (le parc en compte cinq) où dormir, afin de mieux explorer ce parc immense. Ce fut une bonne décision. À vélo, les sorties se font sur la route 114 qui traverse le parc et, surtout, sur le très joli chemin de Point Wolfe. À pied, nous avions le choix entre plusieurs sentiers pénétrant dans la forêt, mais nos coups de cœur vont à celui longeant la côte à partir de Point Wolfe et, plus à l’est, à celui allant vers Matthew’s Head. La proximité de la ville d’Alma, dans la partie sud du parc, facilite l’approvisionnement en nourriture ou essence tout en offrant son assortiment de boutiques et de restaurants. Avant de couper dans les terres vers le nord, un arrêt s’imposait au fameux cap Enragé. Nous y avons admiré le phare construit en 1838 et la vue sur la baie de Fundy et, surtout, nous sommes allés marcher sur les rochers et les galets de la plage bordée de formations rocheuses impressionnantes.
Le phare de Miscou
L’un des attraits de Bouctouche
Le pont couvert Point Wolfe
Deux arrêts incontournables
Après un court interlude dans les terres, nous avons renoué avec la côte près de Bouctouche. Nous voulions marcher sur son fameux trottoir de bois et surtout sur cette bande de sable longue de près de douze kilomètres dans l’Éco-centre Irving de la baie de Bouctouche. La pluie et le vent violent ont eu l’avantage de limiter l’affluence aux lieux. Armés de bottes de pluie et habillés de pied en cap en Gore-Tex, nous avons marché sur les fameuses dunes.
Le prochain arrêt planifié, un autre incontournable, était le parc national Kouchibouguac. Au-delà de la plage où l’eau chaude fait le bonheur de tous, nous avons redécouvert les lieux à vélo et en kayak.
Nous avions décidé d’établir nos pénates dans le petit camping de la Côte-à-Fabien, un établissement rustique sans services. De là, nous avons facilement traversé la rivière Kouchibouguac à vélo afin de faire le tour de la partie sud, plus développée, et mis nos kayaks à l’eau à seulement quelques pas de notre emplacement. Si la plage Callanders se prête bien à une sortie en kayak dans la lagune Saint-Louis, la fameuse plage Kellys et son trottoir de bois sont mieux connus pour leurs activités de plage traditionnelles: baignade et farniente!
La péninsule acadienne
Le voyage s’achève. En passant à Miramichi, nous avons emprunté le pont Centennial qui traverse la rivière et avons roulé sur la route 11 jusqu’à Neguac, où nous nous sommes délié les jambes au parc de l’Île-aux-Foins. Toujours plus au nord-est, le port de Shippagan et ses bateaux de pêche bien alignés nous ont donné un avant-gout de cette Acadie où la terre se marie avec la mer. Bien sûr, il nous fallait pousser jusqu’à l’ile Miscou, où le phare se tient encore bien droit quoique le gardien ait laissé sa place à un tenancier de café… bien sympathique au demeurant. L’espresso savouré en jasant tout en observant la mer demeure dans notre mémoire un moment… savoureux! D’autres points d’intérêt ponctuent la péninsule et méritent une mention, notamment l’église Sainte-Cécile, à la décoration pittoresque, la pointe Wilson au bout du bout et le sentier de la tourbière le long de la route 113.
Boucler la boucle
Il nous fallait maintenant penser au retour. Et pourtant. En roulant sur la route 134 qui longe la baie des Chaleurs, nous avons découvert la plage de Charlo. Bien qu’il soit interdit d’y stationner pour la nuit, c’est un arrêt idéal pour y passer une journée et – pourquoi pas? – faire une dernière sortie de kayak en mer pour prolonger le plaisir encore un peu.
Au parc national Kouchibouguac
En traversant le pont J. C. Van Horne à Campbellton, nous avons bien senti que notre périple néobrunswickois se terminait. La boucle était bouclée, la côte explorée. Nous sommes revenus au Québec avec du sable dans nos souliers et au fond du camion, mais avec la satisfaction d’avoir encore découvert de nouvelles beautés chez nos voisins.